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Un Québec malade de ses enfants

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illustration benoit tardif, colagene.com

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Le Québec s’occupe mal de ses enfants, surtout des plus démunis.

Le Québec s’occupe mal de ses enfants, surtout des plus démunis.

En 1991, le ministère de la Santé et des Services sociaux avait mandaté un groupe de travail pour les jeunes qui avait produit le rapport Un Québec fou de ses enfants.

Une des recommandations visait à «prévenir et réduire dans une proportion d’au moins 25% à 30% au cours des 10 prochaines années la marginalisation chez les 6 à 18 ans, notamment l’abandon scolaire précoce, la toxicomanie, la violence et les troubles du comportement, la délinquance, l’itinérance et les conduites suicidaires.»

Vingt ans plus tard, où en sommes-nous?

Maladies transmises sexuellement

Commençons par un sujet qui ne figure pas dans le rapport, mais qui est très en lien avec ses problématiques: les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), et leur récente flambée catastrophique, en particulier chez les jeunes.

En 2009, au Québec, deux tiers des cas de chlamydia et 50% des cas de gonorrhée étaient déclarés parmi les jeunes de 15 à 24 ans! Rien d’étonnant puisque, la même année, un sondage rapportait que le quart des jeunes de 16 à 18 ans, sexuellement actifs, n’avaient jamais utilisé de condom. Ces chiffres affolants montrent que la prévention telle qu’elle se pratique ne fonctionne pas. D’ailleurs, y a-t-il des messages de prévention? Je vous rappelle que les cours d’éducation sexuelle ont cessé en 2001.

Toxicomanie, suicide et itinérance

Sur le plan de la toxicomanie, l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire montre une situation semblable. Deux chiffres sont frappants: 5% des élèves ont consommé avant l’âge de 13 ans et 1 élève sur 20 présente un problème important de consommation de drogue.

En ce qui concerne le suicide, bien que le taux ait baissé, il demeure la seconde cause de décès chez les jeunes au Québec. Plus les jeunes sont marginalisés, plus ils sont à risque de cumuler les difficultés.

À Montréal, on estime entre 4000 et 5000 jeunes de 14 à 25 ans qui doivent trouver un lieu pour dormir. Ils ont subi des traumatismes affectifs, physiques ou sexuels et ils présentent, souvent, des problèmes de santé mentale (30% à 50%).

Si on leur parle des drogues, 60% disent en consommer deux fois par semaine ou plus, 40% par injection.

Une étude a montré que 32% des 14 à 24 ans avaient reçu de l’argent, ou une autre forme de compensation, en échange de services sexuels.

Du côté des infections transmises sexuellement, 36% des jeunes sont porteurs du VHC et 2% sont infectés par le VIH. Le taux de mortalité dans ce groupe est 10 fois supérieur à celui des jeunes de la population générale.

Ce mode de survie les confronte régulièrement au système policier, judiciaire et carcéral.

Tous ces facteurs aggravants freinent leur «sortie» de la rue et leur réintégration sociale.

Dégradation

Pourquoi la situation s’est-elle dégradée en 20 ans?

Parce qu’on se désolidarise, on se désengage.

On préfère penser que c’est de la faute des jeunes s’ils sont dans la rue.

Mais les jeunes de la rue, ce sont vos enfants, vos frères, vos sœurs.

Alors qu’est-ce qu’on attend, dans un pays riche comme le nôtre, pour en faire une priorité et aider la population la plus vulnérable de notre société à se relever?

 

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