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Ingénieurs du Québec : la profession fait le ménage

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Le Québec doit changer sa manière de faire des affaires, d’octroyer et de gérer des contrats publics, puis de surveiller les chantiers de construction, a suggéré jeudi le président de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Daniel Lebel, dans le cadre d’un dîner-conférence de l’Association des MBA du Québec, à Montréal.

M. Lebel reconnaît que les allégations de corruption et de collusion dans l’octroi de contrats publics ont affaibli l’image des ingénieurs québécois, mais aussi de l’économie dans son ensemble.

Rappelons qu’à la suite des informations divulguées lors des travaux de la commission Charbonneau, le Bureau du syndic a ouvert plus de 140 dossiers d’enquête portant sur la corruption, la collusion et la fraude, et plus de 350 dossiers sur le financement illégal des partis politiques par des ingénieurs.

L’Ordre des ingénieurs du Québec s’est donc mis en mode séduction. Son président affirme que l’organisme s’est engagé dans un processus sérieux pour rehausser le contrôle disciplinaire et pourchasser les ingénieurs fautifs. Il déplore qu’un sondage IPSOS réalisé au début de 2013 ait indiqué qu’à peine un Québécois sur deux croit à leur intégrité.

«Notre message est clair : personne n’est au-dessus des lois, de l’éthique et du Code de déontologie, qui encadrent la profession d’ingénieur. Il n’y aura pas d’immunité», a dit Daniel Lebel.

Pour confirmer ses intentions, l’organisme professionnel a annoncé jeudi le dépôt de plaintes à l’encontre de deux autres ingénieurs à l'emploi de la firme BPR, Marie-Claude Gagnon et Jean-François Rioux, qui devront faire face au Conseil de discipline pour des chefs d'infraction en lien avec des dérogations à un article du Code des professions et à des articles du Code de déontologie des ingénieurs.

Par contre, le «Journal de Montréal» dévoilait il y a quelques jours que plusieurs grandes firmes de génie-conseil s’étaient inscrites au Registre des lobbyistes pour redorer leur réputation auprès de l’État et de l’Autorité des marchés financiers chargée d’enquêter sur leur intégrité.

Modifier la culture d’affaires

Daniel Lebel souhaite éviter que la situation actuelle ne vienne priver ses membres d’un avantage concurrentiel sur plusieurs pays ou provinces tout aussi capables de rivaliser avec le Québec pour attirer des investissements dans les secteurs d’activités ou pour combler le déficit d’entretien des infrastructures stratégiques.

L’Ordre travaille donc actuellement à développer un cahier des charges privées pour auditer les firmes, avec la collaboration du Bureau de normalisation du Québec. De plus, des représentants de l’Autorité des marchés financiers, du Conseil du Trésor, du Commissaire au lobbyisme, du ministère des Transports du Québec, de l’UPAC et de l’Office des professions du Québec ont accepté de participer à un comité de travail afin d’offrir des conseils en matière d’intégrité et de pratiques d’affaires.

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