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Toilettes de l’UQAM

Des toilettes de l’UQAM ressemblent à une piquerie

UQAM
Photo Courtoisie Les étudiants de l’UQAM tombent régulièrement sur des scènes semblables à celle que Kristofer Dompierre a prise en photo.

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Seringues souillées, sachets de drogue vides, sang et urine mêlée à des défécations bloquent souvent les toilettes du pavillon Judith-Jasmin au désespoir des étudiants de l’UQAM.

Seringues souillées, sachets de drogue vides, sang et urine mêlée à des défécations bloquent souvent les toilettes du pavillon Judith-Jasmin au désespoir des étudiants de l’UQAM.

Le phénomène des toxicomanes qui consomment sur le campus n’est pas nouveau, mais il semble prendre de l’ampleur, à voir le nombre d’aiguilles déposées dans les boîtes de collecte et les témoignages des étudiants.

«On voit du monde qui se pique et des seringues partout dans les toilettes et les cages d’escalier. Ça sent le pot, ça sent le crack et ça sent la mort», résume Pascale Rosen­thal, une étudiante.

Augmentation

«Ce que les étudiants disent entre eux, c’est que l’université n’est pas faite pour ça, ajoute Kristofer Dompierre, un étudiant en art qui a pris en photo les traces laissées par les toxicomanes. Tout le monde le sait, tout le monde le pense, mais si personne ne fait rien; ça va devenir une université ghetto.»

La prolifération des aiguilles sur le campus de l’UQAM a commencé en 2003. À l’époque, des boî­tes pour les récupérer avaient été installées à l’ex­térieur. La méthode avait bien fonctionné jus­qu’en 2007, quand le nombre de seringues retrouvées dans les toilettes avait explosé. Cette fois, l’UQAM avait installé des boîtes de récupération à l’intérieur des cabinets.

«Le nombre de seringues est resté relativement stable jusqu’en 2011. L’année dernière, nous en avons récupéré environ 3000 [seulement dans les boîtes prévues à cet effet]», explique Alain Gingras.

Malgré cette hausse, le responsable de la sécurité de l’université n’en­visage pas de nouvelles solutions. Jugeant le problème impossible à régler en raison de la position géographique de l’université, l’administration a plutôt misé sur la prévention.

«À l’interne, nous demandons à nos employés d’être prudents et nous offrons des vaccins contre l’hépatite», explique M. Gingras.

Centre d’injection supervisé

La direction avait d’ailleurs adopté l’ensemble des recommandations que lui avait faites la CSST dans ce dossier, en 2007. Le syndicat des employés aimerait toutefois que l’UQAM aille plus loin en verrouillant certaines entrées, selon la syndicaliste Claire Bouchard.

Mis à part les plombiers et les jardiniers syndiqués, ce sont surtout les employés du sous-traitant United services de nettoyage qui sont le plus à risque, car ce sont eux qui nettoient les toilettes. De son côté, Sandhia Vadlamudy, de Cactus, croit que l’implantation d’un centre d’injection supervisé permettrait d’atténuer le problème et c’est d’ailleurs ce que l’organisme tente de faire à deux pas de là.

 

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