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Justice | Prostitution

Sexe et pédophilie : l’industrie de la prostitution est florissante au Québec

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Une nouvelle étude révèle qu'une travailleuse du sexe québécoise a été forcée par son grand-père à se prostituer dès l’âge horrifiant de quatre ans.

Le cas est sorti hier quand des chercheuses ont dévoilé un portrait de l’industrie de la prostitution.

Le rapport dit que les jeunes prostituées commencent en moyenne à l’âge de 14 ans, mais il y a des cas où elles sont encore plus jeunes. La fille de quatre ans avait été vendue par son grand-père «à des amis agresseurs d’enfants».

«Elle a commencé comme ça, puis elle est devenue une prostituée, raconte la chercheuse Geneviève Szczepanik. C’est la plus jeune, mais des filles de 9 à 15 ans sont souvent vendues par des membres de leur famille.»

Environ une prostituée sur trois commence alors qu’elle est encore mineure.

Au Québec, l’industrie du sexe serait d’ailleurs florissante, selon l’étude de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle. L’organisme a identifié 1077 lieux de prostitution seulement dans le Grand Montréal. La majorité de ceux-ci contournent les règlements municipaux qui restreignent les commerces érotiques dans certains secteurs en utilisant une façade de salons de massage, de coiffure ou de cliniques médicales.

«Les salons de massage érotique sont les bordels contemporains, affirme l’intervenante Diane Matte. Tout le monde le sait, tout le monde se tait et fait semblant que ce n’est pas vrai.»

Violence et toxicomanie

Mme Matte croit qu’il est urgent d’agir puisque la recherche a démontré que 90,7 % des travailleuses du sexe ont déjà été victimes de violence. Elle précise qu’en plus d’abolir la prostitution, il est important de faire de l’éducation. «Il ne faut pas que les hommes pensent que c’est O.K. d’acheter des actes sexuels et que les jeunes femmes se disent que c’est correct de faire de l’argent de cette façon-là», explique-t-elle.

L’étude a aussi identifié la pauvreté et la toxicomanie comme les deux facteurs qui favorisent l’entrée et le maintien des femmes dans le commerce du sexe, alors que seulement 5 % d’entre elles y ont été attirées par goût ou curiosité.

Pas représentatif

La recherche qui a été menée auprès de 109 femmes qui ont déjà souhaité quitter le milieu de la prostitution ne convainc pas Émilie Laliberté, de l’organisme Stella.

«Le point commun entre les femmes qui fréquentent cet organisme est qu’elles ont vécu des événements de violence ou des agressions sexuelles. Nos intervenants rencontrent plus de 5000 femmes par année et ce n’est qu’une minorité qui veut sortir du milieu», explique-t-elle.

Bien qu’il n’existe pas de chiffres précis sur le nombre de travailleuses du sexe au Québec, les organismes du milieu estiment qu’elles seraient quelques milliers.

La prostitution dans
le Grand Montréal
657
1077 commerces de prostitution, dont 657 sont seulement des petites annonces
303
salons de massage (72 % des lieux de prostitution)
Red light:
de Ville-Marie à Villeray et Côte-des-Neiges

Qui sont les femmes prostituées?
36,4
âge moyen des prostituées
21
âge moyen d’entrée dans l’industrie
37 %
sont des mineures
62 %
restent dans l’industrie pendant plus de 5 ans
Les femmes qui sortent de la prostitution sont plus pauvres que celles qui y demeurent.
Étude de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, 2013.
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