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Gare aux Kamprus

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Notre début de saison sera perturbé par d’étranges «bibittes» en fin de semaine, dans la vallée autrichienne de Montafon.

Notre début de saison sera perturbé par d’étranges «bibittes» en fin de semaine, dans la vallée autrichienne de Montafon.

Cette période de l’année coïncide avec l’apparition des Kamprus, tradition solidement implantée dans les régions du Tyrol. Si saint Nicolas est le personnage qui a donné naissance au père Noël pour nous, c’est encore lui qui prévaut ici. Or, saint Nicolas est toujours accompagné de Kamprus, des sortes de démons qui se chargent de punir les enfants qui n’ont pas été sages durant l’année.

Il faut voir les images sur YouTube pour saisir comment ce phénomène est fort, notamment en Autriche. Évidemment, tout ça relève de l’imaginaire, mais ça déclenche depuis des siècles des fêtes populaires dans cette région du pays.

MASQUE TERRIFIANT

Il y en a pour qui c’est LE rendez-vous de l’année. L’un de nos entraîneurs est natif de cette région d’Autriche et il nous raconte que, à l’époque où il avait 15 et 16 ans, c’était presque leur vie! Il passait une année à préparer son costume et son masque et à planifier la meilleure fête où il allait défiler.

Un costume de Kamprus doit être terrifiant. Le masque est fait de grandes dents, de lèvres baveuses et de cornes sur la tête. Les Kamprus portent sur leur dos une cloche plus grosse qu’une cloche à vache!

Durant toute la fin de semaine que dure la fête, on les voit circuler à diverses occasions. En après-midi, la fête est réservée aux enfants et plusieurs se déguisent même en Kamprus. Tout le monde se prête au jeu.

LE BUT: FAIRE PEUR

Mais le soir venu? C’est fou! Les Kamprus deviennent malades! Durant le défilé, il y a même de longues clôtures qui les séparent de la foule le long des rues. Le plaisir des gens déguisés en Kamprus consiste à faire peur. Et ça marche!

Près de Linz, où notre entraîneur a grandi, si tu assistes au festival de Kamprus, c’est parce que tu acceptes de te chamailler. Les Kamprus fouettent (légèrement quand même!) les gens. Le jeu consiste à se bousculer par terre. Inévitablement, des vêtements se déchirent. Il y a parfois des blessés, ce qui explique pourquoi des ambulances sont stationnées à proximité.

L’an dernier, j’ai demandé à un gars de retirer son masque pour que je l’essaie. C’est incroyable le travail qu’il y a là-dedans.

MOMAN...

Mais j’avoue que j’ai un peu la trouille quand j’en vois arriver près de moi. L’an passé, justement, je marchais dans le village quand j’ai entendu leurs cloches au loin. Ah non! Je suis cuite, me suis-je dit.

Ils sont partis à la course vers moi. J’ai fait un sprint vers mon hôtel et je me suis enfermée dans ma chambre au quatrième étage. Je ne sais pas si vous savez, mais à 1500 m d’altitude, le souffle est court!

— Propos recueillis par Alain Bergeron

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