/opinion/blogs/columnists
Navigation

Les Québécois lisent moins que les autres Canadiens

Coup d'oeil sur cet article

«Lise, dans quelle section de la librairie se trouve ton livre?» «Derrière les cuiseurs à brie!» C’est une blague, mais quand une chaîne de librairies ne montre que des cossins et aucun bouquin dans sa pub de Noël, il y a de quoi poser des questions.

Mais la bonne réponse, ce n’est pas de réglementer à la hausse le prix des livres.

Si des libraires se voient contraints à vendre des bébelles, c’est que les Québécois achètent de moins en moins de livres. Selon les données de Patrimoine Canada, c’est au Québec qu’on lit le moins. Comment une politique qui pénalise le consommateur va-t-elle renverser cette tendance? Cela m’échappe.

L’ENNEMI VÉRITABLE

Au-delà de son incontestable valeur morale, le livre est aussi un produit qui répond aux mêmes lois du commerce que tous les autres biens de consommation. Et les librairies, comme tous les commerces de détail, sont happées par la révolution internet. L’ennemi des libraires, ce n’est pas Walmart, c’est Amazon avec ses millions de titres. C’est le numérique.

En France, où le prix unique existe depuis 1981, trois grandes chaînes de librairies ont fait faillite en 2013. Sans compter les 200 à 300 indépendants qui ferment par année.

Réglementer le prix des nouveautés risque de faire plus de mal que de bien en accélérant la tendance irréversible de la migration vers le livre numérique, moins cher. Vers les versions originales anglaises des Dan Brown et Ken Follett, moins chères. Vers la vente en ligne de livres papier, moins chers, via des entrepôts ontariens.

Une autre réalité dont personne ne tient compte: une librairie moyenne reçoit entre 40 000 et 50 000 nouveautés par année, dont environ 5000 d’auteurs québécois. Méchant roulement: les librairies n’ont même pas le temps d’ouvrir les caisses que les livres qui s’y trouvent ont déjà disparu de la liste de ce que les lecteurs veulent acheter. Car il faut faire de la place.

Je cherchais cette semaine un essai français sur la laïcité très souvent débattu et cité au Québec. Introuvable. «Nous l’avions, mais l’entrepôt a tout renvoyé», m’a-t-on dit dans une grande chaîne. Je l’ai trouvé, moins cher, chez Amazon, le royaume de la bibliodiversité.

LE DÉTAIL DOIT DE RÉINVENTER

Comme les agences de voyages ont dû se spécialiser pour survivre à l’ère d’Expedia, les librairies devront se réinventer. Vendre des cuiseurs à brie s’il le faut. Ouvrir des cafés, faire de l’animation, offrir des kiosques de téléchargement ou d’impression à la demande. Se spécialiser, comme la librairie Gourmande du Marché Jean-Talon l’a fait.

Ce n’est pas parce que Costco vend du parmesan à bas prix qu’on cessera d’aller chez Milano. Parce que le choix est meilleur, le service hors pair et l’ambiance unique. Trop de petites librairies poussiéreuses cultivent un fouillis pseudo-intello-romantico-nostalgique rebutant.

Mais pour sauver le livre, il faut d’abord que les gens lisent plus. Réglons le 53% d’analphabétisme fonctionnel et le nivellement par le bas en éducation. Il est là le vrai problème.

 

 

23 commentaire(s)

Mario dit :
4 décembre 2013 à 18 h 24 min

Lire?? On a pas le temps de lire. Il faut travailler, pour payer taxes et impôts (tellement bien dépensés, d'ailleurs). Quand on finit de travailler, on soupe, on se lave, et on monte se coucher.

Le lendemain, il faut sortir pelleter, parce que nos rues sont dans un état de déneigement lamentable, pendant que nos petits politiciens municipaux s'amusent avec leurs secrétaires, et envoient les policiers donner des tickets pour ceux qui se parquent dans les rues.

On a pas le temps, de lire.

Les salons du livre, le prix des livres, on a pas le temps de s'occuper de cela. Vous remarquerez que je suis capable d'écrire sans trop faire de fautes. J'étais bon à l'école. J'aimais l'école.

On a plus le temps de lire...

Désolé.

seb dit :
4 décembre 2013 à 19 h 03 min

Vous mélangez deux problèmes complètement différents, soit le nombre de lecteurs et la diversité des commerçants.

Denissera dit :
4 décembre 2013 à 19 h 35 min

Ce sont les publicités gouvernementales qui sont les plus pitoyables.

Elles prétendent qu'un libraire est bien placé pour choisir des livres pour ses clients.

Personnellement, je n'ai jamais acheté un livre suivant les conseils d'un libraire, et je ne connais personne non plus à qui s'est arrivé. Je ne dis pas que ça n'existe pas. Je dis que c'est extrêmement rare.

La connaissance des nouveaux livres nous vient par les médias, Et les médias sont assez nombreux et diversifiés aujourd'hui pour présenter 1000 fois plus de nouveautés littéraires qu'il y a 20 ans.

Sur l'Internet, on peut lire des critiques sur tous les livres de l'univers.

Je plains ceux qui sont dépendants des préjugés du libraire du coin.

C'est un peu comme le vin: En 1980, l'employé de la SAQ était peut-être bien placé pour conseiller ses clients. En 2013, un internaute est capable de s'informer autant sinon mieux en quelques clics sur Internet. Même chose pour les livres.

Jacques Lambert dit :
4 décembre 2013 à 19 h 39 min

Ben moi, le goût de lire, de découvrir les meilleurs ouvrages n'a pas été dicté par le palmarès de La Presse.

Mais par un couple de libraires de ma ville qui n'avait rien à foutre de l'Index librorum prohibitorum des soutaneux.

Par des esprits libres et éclairés. Oui, comme on pourrait parler du Siècle des Lumières. Au cœur de la Grande Noirceur.

Je vous vois parler de livres à la manière de nos maquignons d'antan.

Belle jaquette, the "talk of the day", pas cher, pas cher...

Racine? Corneille? Ils ne pogneront pas. C'est du snobisme pour les élites.

Lis Abel Dufresne. Tu vas trouver son dernier ouvrage entre l'étal du boucher et la boutique du forgeron.

johanne fillion dit :
4 décembre 2013 à 20 h 39 min

Si j'achète des fleurs dans une épicerie suis-je en train de réduire le marché de la fleuriste du coin ou de favoriser les producteurs de fleurs coupées... Merci à nos généreux gouvernants de réfléchir à cette question... Je propose une commission parlementaire...me semble que tous et chacun y gagnerait

Lectrice assidue et avide de bouquets.

belgix dit :
4 décembre 2013 à 21 h 08 min

Lise, vous qui connaissez bien l`Angleterre vous savez comment le prix du livre est abordable là bas ... même que ma blonde c`est résigné à les faire venir de là bas car ça lui coute 2 fois moins cher que si elle les achète chez le libraire du coin. Plus de deux fois moins cher, livraison incluse entre l`Australie et l`Angleterre et livré à la porte en prime ... cherchez l`erreur ! 8-)

Oui en Australie, nous avons les mêmes problèmes qu`au Québec ... c`est comme si les libraires voulaient fermer boutique en n`évoluant pas dans le temps et avec la technologie (ou se réinventez comme vous dites).

claude dulac dit :
4 décembre 2013 à 21 h 29 min

Cinq colonne à la une diffusé au Québec m'a mis en contact avec le livre. Que je commandait d'un libraire par la poste en ce temps là à l'abri des «hommes en robes» et de leurs interdits

le nationaliste dit :
5 décembre 2013 à 8 h 22 min

Restons positif. Nous sommes les meilleurs en mathématiques chez les jeunes. Et puis lire quoi ? Il se vend à peu près n'importe quoi sur les tablettes de nos jours.

Mais je suis d'accord pour réintroduire une éducation plus classique. Avec langue latine et grecque pour mieux comprendre la langue française.

le nationaliste dit :
5 décembre 2013 à 8 h 26 min

Et les librairies, comme les clubs vidéo, vont finir par disparaître avec le livre électronique. Que je ne trouve pas si mal finalement. Et quand j'achète un livre, je vais des les petites librairies du plateau qui permet le recyclage du papier et de la connaissance à bas prix.

le nationaliste dit :
5 décembre 2013 à 8 h 32 min

"Racine? Corneille? Ils ne pogneront pas. C’est du snobisme pour les élites."

Je me plais à dire que tout le classique littéraire, musical et artistique n'appartient plus du tout à l'élite mais aux marginaux. Nous sommes dans une époque d'inversion des valeurs. Des hommes comme Parizeau, par exemple, il y en aura plus beaucoup. Et les universitaires sont devenus ultraspécialisés. Plus question d'avoir une vaste culture.

Pas besoin de lire Racine et Corneille pour débuter. Il y a un choix immense pour attirer les jeunes.

le nationaliste dit :
5 décembre 2013 à 8 h 34 min

Pourquoi ne pas vendre des livres électroniques dans les librairies ? On insère notre clé USB et hop on obtient le livre.

le nationaliste dit :
5 décembre 2013 à 8 h 41 min

J'ajoute que je me suis débarrassé de tous mes cd. Tout a été numérisé. Le disque dur est maintenant la bibliothèque universelle. On peut tout y mettre. Et les distributeur de musique ont fait le saut dans le numérique il y a quelques années. Le livre doit suivre cette technologie.

Julie dit :
5 décembre 2013 à 8 h 45 min

Pas le temps de lire? Mon oeil. Quand on veut vraiment faire quelque chose, on s'arrange toujours pour trouver le temps de le faire. Si a on le temps de perdre notre temps sur Internet, c'est qu'on a le temps de lire. On vit maintenant dans une société de l'instantané, de l'immédiat, de l'éphémère. Valorise-t-on le bon français, le style, l'écriture, la lecture? Pas tellement, non. On valorise plutôt la paresse intellectuelle, le double-clic et la technologie qui fait tout à notre place, même écrire! Lire, c'est un intérêt qui se développe dès l'enfance. Si vous ne lisez pas de livres à votre tout-petit dès qu'il a six mois, il a peu de chance de continuer... J'ai l'air de me vanter, comme ça (et c'est tellement mal vu d'être fier, au Québec, n'est-ce pas?), mais mes trois enfants ont chacun leur bibliothèque, pleine de livres. Et ce sont trois garçons, qui font aussi du sport. L'intérêt pour la lecture se cultive quand on s'en donne la peine.

Drako dit :
5 décembre 2013 à 9 h 12 min

Les propriétaires des librairies (grosses et petites) devraient lire le livre qui s'intitule "Qui a piqué mon fromage" (Who moved my cheese) par Spencer Johnson. Tout le monde devrait lire ce livre, particulièrement nos politiciens, car leurs "stocks" de fromages (contribuables) sont de plus en plus vides.

Sonia b dit :
5 décembre 2013 à 11 h 18 min

@ Julie Pas d'accord ,la lecture s'apprend par l'exemple pas par obligation. Lire un livre à son bébé de 6 mois c'est un peu extrémiste comme dans LES PUBLICITÉS . Un livre c'est statique une image non vivant très loin des besoins d'un bébé de cet âge . A 6 mois j'espère que les parents réalisent que leur bébé va mettre le livre dans sa bouche et essayer de le manipuler sans comprendre !!!!!! J'espère que les parents vont montrer leurs expressions faciales aux enfants pour qu'ils s'exercent à détecter les émotions exprimées pas leurs pairs, que les enfants satisfassent le besoin de communiquer communier d'interagir avec leurs parents. La lecture c'est beaucoup plus tard et c'est une activité solitaire. Je ne fais pas la lecture à mon mari ou aux autres humains que je côtoie . Même si je partage mes lectures en résumé. Ceci dit j'ai lu des histoires à mes enfants plus tard ils l'ont même demandé eux-même maman qu'est-ce que tu fais? Moi de répondre. Je lis.....Je doute que mes enfants lisent des livres papier encore longtemps (l'école encourage le recyclage et l'économie du papier pour l'environnement)et oui mes trois enfants lisent tout comme ils ont vu leur mère le faire par plaisir. Maintenant avec les technologies même leurs travaux scolaires sont en lien avec le web. Aucune famille ne peut se permettre d'accompagner ses enfants dans leurs études sans avoir internet à la maison. Je suis la vague j'achète mes livres et les télécharge dans ma tablette. Tellement mieux !!!

Andre B. dit :
5 décembre 2013 à 13 h 06 min

Moi! J'ai le temps de lire! J'ai une heure pour manger au travail, alors je sors mon intelliphone (j'aime ce terme) et je lis un livre que j'ai chargé dessus. Ca me prend plus de temps pour passer au travers (surtout ceux de Tom Clancy), mais au moins je peux pratiquer mon activité favorite.

C'est effectivement une loi stupide, mais qui ne m'affectera pas beaucoup car j'achète plusieurs de mes livres en ligne, en version digitale (quand je ne les prend pas gratuitement sur free-ebooks.net). Il y a tellement d'alternatives, je pense que le livre en papier n'en a plus pour longtemps. Étrange, car il n'y a pas si longtemps, j'étais de l'opinion tout-à-fait contraire. Ah ben.

Sonia b dit :
5 décembre 2013 à 20 h 21 min

@André B Moi aussi moi aussi .... Je pensais que le livre me manquerais..... Mon mari m'a offert une tablette en cadeau de fête .Quand j'ai ouvert l'application iBook . Quand j'ai eu le plaisir de buter sur un mot (la signification)et que j'ai vu qu'en cliquant sur ce mot surprise! La définition du dictionnaire instantanée ....Yes ! Que c'est cool! Ensuite fini la lampe de lecture qui dérange mon mari dans notre lit mon écran éclaire comme je le veux. Ensuite je choisis la taille des lettres et la forme! Un petit plus encore! Et le must....le plaisir suprême j'apprécie un auteur ....clic et j'ai accès à toutes ses œuvres .....une vraie boulimie de lecture dans mon cas ....Ma tablette et moi c'est maintenant fusionnel ! ( je sais pas si mon mari regrette ha ah ha )

Sonia b dit :
5 décembre 2013 à 21 h 10 min

J'ai fait lire cette chronique à mon mari et les autres que j'ai commenté depuis 2 jours....je me suis permise un petit tour de blog, de congé pas envie de travailler. Besoin de changer d'air...gestionnaire d'entreprise ....Lire commenter...Simplement de tout et de rien ailleurs que dans mon environnement habituel ....Il ne regrette pas l'achat de la tablette en plus....c'est un cadeau apprécié et cela lui fait plaisir c'est donc bien le fun!

Sonia b dit :
5 décembre 2013 à 21 h 33 min

Lise Ravary Concernant les agences de voyages ....J'ai acheté par expédia et voyage à rabais....Le service après vente dans les pays étrangers moyen... c'était correct mais assez exigeant....beaucoup de temps passé à la recherche sur trip advisor etc etc...Le web peut être un moyen fouillis parfois....contrairement à un agent de voyage qui s'occupe de tout ....Je suis revenue à l'agent de voyage ....beaucoup plus simple dans notre situation présente et pas vraiment plus dispendieux....Les libraires innovateurs pourront-ils réinventer la formule iBook ? Pourquoi-pas.....

Prise de bec dit :
6 décembre 2013 à 19 h 03 min

Je suis une lectrice boulimique et j'avoue n'avoir pas acheté plus de 6 livres dans ma vie. Au prix que sont les livres, surtout les livres francophones, une personne vivant seule avec un enfant à charge ne peut pas se permettre ce luxe. Heureusement, il y a les bibliothèques municipales. Il m'arrive de payer 3 $ pour une location de livre et je trouve cela très raisonnable. je lis en moyenne 2 livres par semaine. Calculé ce que j'ai économisé rien qu'en allant à la bibliothèque. Je nous trouve très chanceux de pouvoir bénéficier de ce service car sans celui-ci, je ne lirais pas. On vit selon nos moyens. De mettre un prix unique pour moi cela ressemble à du communisme. Ou est le libre-marché ?

Igor dit :
7 décembre 2013 à 0 h 45 min

J'aurais juré qu'il se trouvait dans un donjon votre livre.

Sérieusement, j'suis pas du genre à dévorer des livres (j'suis plus du genre à les brûler), mais si j'voulais prendre du poids j'irais surement dans une librairie gourmande moi aussi.

claude dulac dit :
7 décembre 2013 à 8 h 19 min

Bonne législation pour réglementer minimalement les prix du livre. Le libraire est souvent l'accès aux livres mon commerciaux. Les grandes chaînent achètent des livres qui ont déjà fait succès chez les libraires et les mettent en marché comme une conserve de spaghetti peut importe la marque sans en connaître le contenu.

le nationaliste dit :
7 décembre 2013 à 9 h 08 min

Soyons positif une fois de plus.

Le Québec possède un jeune prodige du piano : Daniel Clarke Bouchard