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Règlement municipal

Réduire la pollution lumineuse

Lampadaire extérieur
Photo Archives / Agence QMI

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Les municipalités situées autour du mont Mégantic ont profondément modifié leur éclairage public afin de créer, en 2007, la première réserve internationale de ciel étoilé au monde. L’organisme de protection de l’environnement nocturne à l’origine de cette démarche a maintenant l’ambition de réduire drastiquement la pollution lumineuse à l’échelle du Québec.

L’IDA Québec, la section québécoise de l’International Dark-Sky Association, propose désormais aux municipalités québécoises d’adopter un règlement sur l’éclairage extérieur visant à réduire cette pollution visuelle en améliorant leur efficacité énergétique.

«Ce règlement a été élaboré pour réaliser de façon intelligente un système d’éclairage extérieur», a précisé le président d’IDA Québec, Mihai R. Pecingina, qui part du principe que «lorsqu’il fait nuit, il ne faut éclairer que ce qui est nécessaire. Ça ne sert à rien que les terrains de sport soient éclairés la nuit quand il n’y a plus personne, par exemple. C’est un gaspillage d’énergie et donc d’argent public.»

M. Pecingina, qui est passionné par la pollution lumineuse, assure que l’impact de la lumière artificielle nocturne est très important.

«La nuit, la lumière entraîne des troubles du sommeil chez certaines personnes, elle bloque la réaction chimique qui permet aux nitrates présents dans l’atmosphère de “nettoyer l’air”, elle crée des interférences avec la signalisation lumineuse routière et peut gêner la vue au volant, elle est aussi la deuxième cause de disparition d’insectes après les pesticides, et désoriente les oiseaux qui se repèrent avec la lune», a énuméré l’ingénieur.

Ce dernier a affirmé que l’application par les municipalités du règlement d’IDA-Québec représentait un investissement financier qui sera rapidement rentabilisé et qui améliorera la qualité de vie nocturne des Québécois.

Pour ce faire, «il faut être très contrôlant, a-t-il reconnu. Il faut réduire la quantité de lumière émise en se concentrant sur les besoins essentiels et le temps d’utilisation de la lumière, en utilisant notamment des capteurs de présence sur les pistes cyclables ou dans les parcs. Il faut aussi contrôler l’orientation de la lumière – vers la zone à éclairer et vers le bas pour éviter la dispersion lumineuse –, ou encore camoufler les sources de lumière», susceptibles de déranger le voisinage.

Mihai R. Pecingina estime aussi qu’il faut privilégier la qualité de la lumière, en évitant le plus possible la lumière bleue, qui a un impact sur le rythme circadien (veille-sommeil). Les municipalités autour du mont Mégantic avaient d’ailleurs opté pour la lumière sodium haute pression, dépourvue de lumière bleue.

IDA Québec présentera son nouveau règlement «clé en main» au cours des prochaines semaines aux municipalités pour consultation, et lancera au printemps une norme consensuelle, donc non imposée, en collaboration avec le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). Il s’agira d’une adaptation de la norme nord-américaine Model Lighting Ordinance.

 

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