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Homicide : Trois ans pour avoir tué un père de famille

Francis Bélanger
Photo d'archives Francis Bélanger, condamné

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En allant confronter un père de famille qu'il croyait être pédophile, Francis Bélanger avait peut-être de bonnes intentions. Mais le coup de poing mortel qu’il lui a asséné lui aura finalement valu trois ans de pénitencier.

En allant confronter un père de famille qu’il croyait être pédophile, Francis ­Bélanger avait peut-être de bonnes intentions. Mais le coup de poing mortel qu’il lui a asséné lui aura finalement valu trois ans de pénitencier.

Assis dans le box des accusés, visiblement nerveux, le jeune homme de 21 ans a reçu sa sentence avant de prendre le chemin de la détention pour une terrible méprise survenue à Verdun en avril 2011.

Ce soir-là, Iqbal Ahmed, 56 ans, s’était mis à suivre deux amies de sa fille, croyant par erreur que cette dernière était sortie sans autorisation. Les deux adolescentes se sont mises à crier qu’un pédophile les suivait.

Bélanger, alerté par les cris des deux filles, est alors intervenu, bien que le père de famille eût ­rebroussé chemin en réalisant son ­erreur. Bélanger n’a donné qu’un coup de poing à sa victime, qui est tombée en se blessant à la tête sur une rampe d’escalier. Il est ­décédé une semaine plus tard.

«Son intention première d’aider les deux jeunes filles était bonne, c’est l’utilisation de la violence pour se faire qui est à proscrire», a noté la juge Linda Despots.

« PAS UN ACTIF »

Même si la défense suggérait une peine maximale de moins de deux ans, la magistrate a estimé que le crime méritait une plus longue sentence.

L’accusé est en effet décrit comme un jeune impulsif, colérique, avec peu d’empathie pour autrui, avec plusieurs antécédents au tribunal de la jeunesse, dont vol qualifié, méfait et bris de conditions.

«Depuis sa comparution, il n’a fait ­aucun effort pour trouver de l’aide, a noté la juge. Il ne va pas à l’école et n’occupe pas d’emploi. Le tribunal ne peut conclure que M. Bélanger est un actif pour la société.»

La juge Despots a également noté les graves conséquences pour la famille du père de quatre enfants.

Non seulement la femme de M. Ahmed doit gérer seule les affaires familiales, mais deux des enfants ont dû arrêter leurs études pour travailler et ainsi subvenir aux besoins familiaux.

«La famille a perdu un père et un mari aimant, généreux et supportant, a conclu la magistrate. Ils ne comprennent pas que M. Bélanger ait ressenti le besoin de se faire justice soi-même en utilisant la ­violence.»

Un mineur de 17 ans, qui avait également participé à l’agression de M. Ahmed, avait pour sa part écopé de 11 mois de garde fermée.

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