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Vieillir avec le vin

Vieillir avec le vin

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Vieillir avec le vin
Vin plaisir
pour offrir ou se faire plaisir
Bourgognes Les Champlains 2011
Domaine Simon-Bize,
13,5%, France
Type : vin blanc
Code : 11815643
Prix : 29,50 $
 
Vous cherchez la bouteille de blanc à bon prix qui éblouira la famille, au Réveillon, sur la coquille Saint-Jacques ? La voici. Très joli nez qui évoque la noisette et le fin rancio, et un subtil côté balsamique (comme de la térébenthine, à mon nez - non, c’est loin d’être négatif - et que je retrouve dans les bourgognes blancs de grand élevage) ; bouche d’un parfait classicisme, à la fois riche, délicate et subtile. Un délice, je vous dis.
[ ★★★1/2 | $$$1/2 ]
Les vins
Collaboration spéciale
Arrive un moment dans la vie où, si tu veux boire les bouteilles que tu as achetées, il ne faut plus miser sur des vins de garde.

De longue garde, je veux dire. Je parle pour moi, évidemment, qui viens de recevoir ses premiers chèques de pension de vieillesse.

Je vise tout au plus, maintenant, des vins qui ont un potentiel de vieillissement maximum de dix ans.

J’espère évidemment vivre plus longtemps encore, mais en même temps je ne vois pas l’intérêt de risquer sur des bouteilles de l’argent dont j’ai peur de ne plus jamais revoir la couleur ni humer l’odeur.

Ce qui exclut, dans mon cas, les grands crus de Bordeaux qui, la plupart, ont besoin de quinze, sinon vingt années et plus encore, parfois, pour atteindre le chef-d’œuvre.

Cela dit, j’avoue que la lecture récente d’une entrevue avec la socio-anthropologue Catherine Le Grand-Sébille, dans le magazine Vin & Société, m’amène à assouplir ma position.

Et je suis d’accord, finalement, pour remiser en cave quelques grandes bouteilles qui seront à leur mieux quand moi je serai peut-être au pire.

C’est que cette chercheuse vient de publier une étude qui s’intitule : Fins de vie. Plaisir des vins et des nourritures.

L’idée, explique-t-elle, était de faire «un état des lieux et des pratiques en France en matière d’alimentation et de consommation de vin en fin de vie».

Plaisirs interdits

Elle a donc réalisé quelques centaines d’entretiens avec des patients, leurs familles, et le personnel soignant, dont des médecins, dans plusieurs maisons de retraite, hôpitaux et unités de soins palliatifs.

Pour constater qu’à certains endroits on surveille, on censure et on médicalise les personnes en fin de vie, alors qu’à d’autres, on est au contraire attentif «aux plaisirs de bouche et à la défense des ultimes bonheurs.»

Je la cite : «Très souvent, la fin de vie en institution rime avec surveillance, validations et recommandations médicales, interdictions. Par exemple, en cas de diabète, la consommation de vin va se voir interdite pour des patients qui n’ont pourtant plus que quelques jours ou semaines à vivre.

«Même en maisons de retraite, pourtant considérées comme des lieux de vie, la consommation de vin n’est pas toujours autorisée à tous les patients, ou uniquement une fois par semaine.

«L’étude établit aussi que l’on assiste actuellement à une instrumentalisation de la notion de plaisir par les recommandations moralisatrices et normalisatrices du personnel médical. La possibilité de boire un verre devient une « décision thérapeutique ».

«Pourtant, à l’opposé de ces interdictions et de cette rigidité des institutions, l’étude met en avant un réel souhait de satisfaire les patients dans leurs derniers moments de vie aboutissant très souvent à braver certains interdits.

« Dans cette logique les équipes médicales ne soignent plus des malades d’un point de vue curatif, mais accompagnent des personnes qui traversent une des étapes les plus troublantes de leur vie». 

C’est con à dire, mais, comme dirait un ami, cette lecture m’a interpellé.

J’ai déjà fait savoir à mes proches que c’est évidemment dans ce genre d’institution, où le plaisir est permis, que je désire ultimement aller, s’il fallait en arriver là.

Et c’est la raison pour laquelle j’envisage très bientôt de m’acheter quelques grandes bouteilles qui me permettront, le moment venu, comment dire, d’aller au ciel quand il en sera encore temps.

Recommandations

Mais en attendant, «mangeaillons» prestement, comme dirait Godefroy de Montmirail, et «ouvraillons» gaiement quelques bonnes bouteilles.

Sinon on se les «magasine» tout de suite pour les Fêtes qui s’en viennent. C’est la raison pour laquelle les vins proposés sont un peu plus chers que d’habitude. Comme ils le seront, d’ailleurs, jusqu’à Noël.

Crozes-Hermitage «Les Launes 2011», Delas (23,05 $): je pourrais décrire ce vin en deux mots : fraîcheur et «buvabilité». Un brin floral au nez, bon petit goût de réglisse en bouche, un peu poivré, on est heureux à peu de frais.
Saint-Joseph 2012, Les Vins de Vienne (27,50 $): très beau profil de syrah ici ; c’est un peu plus cher que le vin précédent, mais c’est un peu plus détaillé aussi, avec des notions de poivre blanc et d’épices ; c’est frais, coulant, élégant, délicat en saveurs.
Pinot Noir Au Bon Climat 2011, Santa Barbara County (29,60 $): un joli pinot californien qui joue la carte de la mesure et de l’équilibre ; vineux, certes, le vin a aussi de l’étoffe, et il affiche aussi, mais sans grossièreté ce petit côté végétal qu’ont beaucoup de pinots californiens, mais rien qui n’en gâcherait le charme.
Santenay-Commes Premier Cru 2010, Roger Belland (37,25 $): les vins de Santenay ont la réputation d’être parfois un brin rustiques. Rien de tel, ici, dans ce très beau pinot aux arômes de cerises griottes et de cassis, à la texture soyeuse, frais et délicat en saveurs. Un régal.
Crozes-Hermitage «Les Launes 2011»
Delas,
13%, France
Prix : 23,05 $
Code : 11544126
[ ★★1/2 | $ $ 1/2 ]
Saint-Joseph 2012
Les Vins de Vienne,
13%, France
Prix : 27,50 $
Code : 10783310
[ ★★★ | $ $ $ ]
Pinot Noir Au Bon Climat 2011
Santa Barbara County,
13,5%, Californie
Prix : 29,60 $
Code : 11604192
[ ★★★ | $ $ $ 1/2 ]
Santenay-Commes Premier Cru 2010
Roger Belland,
13%, France
Prix : 37,25 $
Code : 10751967
[ ★★★ | $ $ $ $ ]
correct
★★
bon
★★★
très bon
★★★★
excellent
★★★★★
exceptionnel
Plus d’étoiles que de dollars : vaut largement son prix.
Autant d’étoiles que de dollars : vaut son prix.
Moins d’étoiles que de dollars : le vin est cher.
www.saq.com
514 254-2020
1 866 873-2020
Arrive un moment dans la vie où, si tu veux boire les bouteilles que tu as achetées, il ne faut plus miser sur des vins de garde.

De longue garde, je veux dire. Je parle pour moi, évidemment, qui viens de recevoir ses premiers chèques de pension de vieillesse.

Je vise tout au plus, maintenant, des vins qui ont un potentiel de vieillissement maximum de dix ans.

J’espère évidemment vivre plus longtemps encore, mais en même temps je ne vois pas l’intérêt de risquer sur des bouteilles de l’argent dont j’ai peur de ne plus jamais revoir la couleur ni humer l’odeur.

Ce qui exclut, dans mon cas, les grands crus de Bordeaux qui, la plupart, ont besoin de quinze, sinon vingt années et plus encore, parfois, pour atteindre le chef-d’œuvre.

Cela dit, j’avoue que la lecture récente d’une entrevue avec la socio-anthropologue Catherine Le Grand-Sébille, dans le magazine Vin & Société, m’amène à assouplir ma position.

Et je suis d’accord, finalement, pour remiser en cave quelques grandes bouteilles qui seront à leur mieux quand moi je serai peut-être au pire.

C’est que cette chercheuse vient de publier une étude qui s’intitule : Fins de vie. Plaisir des vins et des nourritures.

L’idée, explique-t-elle, était de faire «un état des lieux et des pratiques en France en matière d’alimentation et de consommation de vin en fin de vie».

Plaisirs interdits

Elle a donc réalisé quelques centaines d’entretiens avec des patients, leurs familles, et le personnel soignant, dont des médecins, dans plusieurs maisons de retraite, hôpitaux et unités de soins palliatifs.

Pour constater qu’à certains endroits on surveille, on censure et on médicalise les personnes en fin de vie, alors qu’à d’autres, on est au contraire attentif «aux plaisirs de bouche et à la défense des ultimes bonheurs.»

Je la cite : «Très souvent, la fin de vie en institution rime avec surveillance, validations et recommandations médicales, interdictions. Par exemple, en cas de diabète, la consommation de vin va se voir interdite pour des patients qui n’ont pourtant plus que quelques jours ou semaines à vivre.

«Même en maisons de retraite, pourtant considérées comme des lieux de vie, la consommation de vin n’est pas toujours autorisée à tous les patients, ou uniquement une fois par semaine.

«L’étude établit aussi que l’on assiste actuellement à une instrumentalisation de la notion de plaisir par les recommandations moralisatrices et normalisatrices du personnel médical. La possibilité de boire un verre devient une « décision thérapeutique ».

«Pourtant, à l’opposé de ces interdictions et de cette rigidité des institutions, l’étude met en avant un réel souhait de satisfaire les patients dans leurs derniers moments de vie aboutissant très souvent à braver certains interdits.

« Dans cette logique les équipes médicales ne soignent plus des malades d’un point de vue curatif, mais accompagnent des personnes qui traversent une des étapes les plus troublantes de leur vie». 

C’est con à dire, mais, comme dirait un ami, cette lecture m’a interpellé.

J’ai déjà fait savoir à mes proches que c’est évidemment dans ce genre d’institution, où le plaisir est permis, que je désire ultimement aller, s’il fallait en arriver là.

Et c’est la raison pour laquelle j’envisage très bientôt de m’acheter quelques grandes bouteilles qui me permettront, le moment venu, comment dire, d’aller au ciel quand il en sera encore temps.

Recommandations

Mais en attendant, «mangeaillons» prestement, comme dirait Godefroy de Montmirail, et «ouvraillons» gaiement quelques bonnes bouteilles.

Sinon on se les «magasine» tout de suite pour les Fêtes qui s’en viennent. C’est la raison pour laquelle les vins proposés sont un peu plus chers que d’habitude. Comme ils le seront, d’ailleurs, jusqu’à Noël.

Crozes-Hermitage «Les Launes 2011», Delas (23,05 $): je pourrais décrire ce vin en deux mots : fraîcheur et «buvabilité». Un brin floral au nez, bon petit goût de réglisse en bouche, un peu poivré, on est heureux à peu de frais.

Saint-Joseph 2012, Les Vins de Vienne (27,50 $): très beau profil de syrah ici ; c’est un peu plus cher que le vin précédent, mais c’est un peu plus détaillé aussi, avec des notions de poivre blanc et d’épices ; c’est frais, coulant, élégant, délicat en saveurs.

Pinot Noir Au Bon Climat 2011, Santa Barbara County (29,60 $): un joli pinot californien qui joue la carte de la mesure et de l’équilibre ; vineux, certes, le vin a aussi de l’étoffe, et il affiche aussi, mais sans grossièreté ce petit côté végétal qu’ont beaucoup de pinots californiens, mais rien qui n’en gâcherait le charme.

Santenay-Commes Premier Cru 2010, Roger Belland (37,25 $): les vins de Santenay ont la réputation d’être parfois un brin rustiques. Rien de tel, ici, dans ce très beau pinot aux arômes de cerises griottes et de cassis, à la texture soyeuse, frais et délicat en saveurs. Un régal.

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