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POUR la réglementation du prix du livre

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Le projet de loi du gouvernement minoritaire péquiste sur le prix des livres neufs n’a plus de chance d’être adopté d’ici la prochaine élection. Le PLQ a rejoint la CAQ dans son opposition, s’éloignant de la position originelle de l’ancienne ministre libérale de la Culture Christine Saint-Pierre.

Le projet de loi du gouvernement minoritaire péquiste sur le prix des livres neufs n’a plus de chance d’être adopté d’ici la prochaine élection. Le PLQ a rejoint la CAQ dans son opposition, s’éloignant de la position originelle de l’ancienne ministre libérale de la Culture Christine Saint-Pierre.

Les neuf premiers mois, le ministre de la Culture, Maka Kotto, voudrait limiter à 10% les rabais sur les livres neufs, imprimés comme numériques. L’affaire serait réévaluée après trois ans.

LIBRAIRIES QUI FERMENT

Dans le contexte du rapide et périlleux passage au numérique, on est en face d’une mesure de transition en faveur des membres du réseau québécois du livre: auteurs, éditeurs, distributeurs, librairies.

L’argument massue des «Contre» est que ce projet ne favorise pas la lecture: ceux qui achèteraient des livres à prix coupés dans les grandes surfaces n’iront pas dans les librairies si les rabais sont interdits.

Ma position a changé dans ce dossier. Entre autres, en raison du soutien au projet de loi d’écrivains qui sont au cœur de notre littérature: Michel Tremblay, Patrick Senécal, Dany Laferrière, Chrystine Brouillet, Yann Martel, etc.

Sans parler des librairies indépendantes, dont l’existence est menacée à court terme et qui offrent des titres diversifiés, contrairement aux grandes surfaces, avant tout désireuses d’écrémer le marché.

Je me souviens des propos de l’éditeur canadien-anglais de mon premier livre: «Vous êtes chanceux de pouvoir disposer de librairies où les livres des auteurs québécois sont avantageusement placés sur les rayons. Au Canada anglais, c’est un défi d’avoir ses livres en évidence dans des établissements croulant sous les productions américaines et les best-sellers.»

TRANSITION CRUCIALE

Ce projet de loi n’a pas pour but d’augmenter la lecture chez les Québécois, défi titanesque dans le contexte actuel, que ne relèveront pas davantage les grandes surfaces. Dans une période de transition cruciale, la mesure vise plutôt à protéger un réseau qui sera difficile à reconstituer s’il disparaît.

Ceux qui sont obnubilés par un consommateur auquel il faut assurer le prix le plus bas sont incapables de voir qu’on est confronté à une autre logique, tout aussi défendable: aider l’industrie du livre à négocier un tournant difficile.

C’est également l’éternel combat de la quantité versus la qualité, la diversité. Sans tenir compte du fait que notre littérature ne saurait s’épanouir dans un environnement totalement déréglementé.

Appelons cela du protectionnisme de bon aloi, comme en adoptent les sociétés refusant de soumettre certains secteurs culturels et identitaires clés à la «liberté du renard dans le poulailler», comme aurait dit René Lévesque.

Ce qui apparaît comme une mesure de transition temporaire est massivement appuyé par des professionnels du livre qui s’y connaissent plus que la plupart des commentateurs.

Révolution numérique oblige! Cela ne dispensera pas ces professionnels de s’adapter à un nouveau contexte plein de périls, mais aussi de possibilités.

 

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