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Prix du livre

Amazon veut être épargnée

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Photo Ralph D. Freso / Reuters Un des centres de distribution d'Amazon est situé à Phoenix, en Arizona.

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La loi qui limitera le prix du livre fait une foule de mécontents et pas les moindres. L’entreprise américaine Amazon a embauché un lobbyiste afin d’échapper aux nouvelles règles, a appris Argent.

C’est le cabinet Gowling Lafleur Henderson qui va défendre les intérêts de la société américaine, le plus gros joueur mondial de vente de livres en ligne.

Sur le site du registre des lobbyistes, il est écrit qu’Amazon souhaite entamer «des démarches en vue de modifier les orientations du Québec en matière de réglementation du marché du livre, particulièrement en rapport à la loi 51 sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre».

Questionnés sur le dossier, ni le cabinet de lobbyistes, ni Amazon n’ont répondu à nos questions.

Le porte-parole du ministre Maka Kotto, Marc-André Deblois, a confirmé une rencontre il y a trois semaines entre Amazon et le cabinet du ministre de la Culture. M. Deblois n’a pas détaillé les sujets qui avaient été abordés par les dirigeants de l’entreprise.

Ce qui est sûr, c’est qu’Amazon serait assujettie à une future loi sur le prix des livres comme cela s’est fait dans une dizaine d’autres pays comme la France, a aussi confirmé le porte-parole.

Amazon est reconnue pour offrir d’importants rabais sur les livres vendus sur son site. Pour des livres parus il y a quelques années, le consommateur peut même épargner 50 % du prix.

Sur des livres récents, les rabais pouvaient même atteindre 20 % lors de notre visite sur le site lundi après-midi. Ces rabais ont fait d’Amazon le plus grand joueur de vente de livres sur internet.

Avec la loi, l’entreprise américaine ne pourrait donc plus proposer plus de 10 % de rabais lors des premiers mois de la parution du livre.

L’organisation «Sauvons les livres» pas surprise

L’organisation «Sauvons les livres» croit qu’il ne faut pas se surprendre de voir Amazon plaider sa cause et estime que le gouvernement du Québec a été clair face à la vente de livres en ligne.

«Ils seront assujettis à la loi, donc c’est certain qu’ils veulent conserver leur marché. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’Amazon, c’est un rouleau compresseur. Ils font descendre les prix, ce qui diminue le nombre de joueurs. Et après, ils ont le loisir de relever les prix», a indiqué Élodie Comtois.

Elle défend d’ailleurs le projet de loi du gouvernement du Québec qui permettra une plus grande diversité. Mme Comtois ne croit pas que cette mesure va se faire au détriment des consommateurs.

«C’est important comme législation, car cela permet aux libraires de continuer à prospérer. Et plus il y a des joueurs, meilleur sera le prix. C’est mieux d’avoir plusieurs points de vente que trois ou quatre gros qui dictent les règles», a-t-elle assuré.

Le projet de loi du ministre Kotto a été dénoncé par la CAQ et le Parti libéral.
 

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