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Société | Intégration

Le Bistro-café Jarry-Deuxième conjugue avec brio déficience intellectuelle et restauration

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C’est un vrai bistro, avec un vrai menu et de vrais clients. Parmi le personnel, des employés atteints de déficience intellectuelle... avec une vraie volonté de bien faire les choses.

Il leur arrive de mélanger le sel et le sucre­­. Certains ne savent pas ce qu’est un céleri, d’autres ne peuvent pas lire, mais tous ont un cœur grand comme ça.

«J’aime le monde, leur parler, m’occuper d’eux», raconte Sandy Bonneville, un large sourire «scotché» au visage. Comme une quinzaine de ses collègues, la jeune serveuse du Bistro-café Jarry-Deuxième est atteinte de déficience intellectuelle.

Situé dans le quartier Villeray-St-Michel, l’endroit est chaleureux, lumineux et joyeux, à l’image de son personnel composé de professionnels de la restauration et de stagiaires déficients intellectuels. Pendant six à douze mois, ces derniers vivront une véritable expérience de travail.

Le restaurant a ouvert ses portes en avril dernier. L’entreprise à but non lucratif est financée à partir de dons provenant de plusieurs fondations qui aident au développement économique et social.

Avec son doux regard et sa joie de vivre, Marie-Michelle Blier rayonne à la cuisine. Drôle et touchante, cette jeune stagiaire de 21 ans rêve de travailler un jour dans un bureau­­, comme sa mère.

«Je sais m’occuper de la déchiqueteuse, de la photocopieuse, du pigeonnier et enlever les broches», explique-t-elle fièrement.

Patience et ouverture

Patience et ouverture d’esprit sont les mots clés pour encadrer les stagiaires, explique­­ la gérante du bistro, Stéfanie Tremblay.

«C’est un peu comme apprendre à de jeunes enfants à travailler comme des professionnels. C’est très exigeant, on n’arrête jamais de répéter», déclare-t-elle.

Les personnes déficientes intellectuelles sont certes différentes, mais tellement dévouées­­, affirme Marlène Mongeau-Dégagné­­. «Ce sont des gens généreux et de cœur. Ils sont fiables, assidus, ne ratent jamais­­ le travail et peuvent répondre aux objectifs», affirme l’agente d’intégration sociale­­.

Après leur stage, certains d’entre eux pourront se trouver un travail en restauration ou ailleurs, croit le chef cuisinier Jean-Sébastion Ruel-Biron.

De vraies exigences

«Il leur faut un encadrement et un milieu capable de s’adapter. Ils ont un bon sens de l’humour, ils sont francs et disent ce qu’ils pensent tout de suite», explique-t-il.

«Le client qui paie a quand même de vraies exigences, ajoute Élizabeth Doiron-Gaston, directrice du parrainage civique Les Marronniers.

«Quand les gens se présentent au restaurant, on leur explique notre fonctionnement, les gens comprennent, mais ont des attentes», observe-t-elle.

Claude Picard est un client régulier, il a adopté le concept.

«Je n’ai même pas eu à m’adapter, la nourriture est très bonne et c’est beau de voir comment ils travaillent.»

La déficience intellectuelle n’est pas une maladie mentale ni un trouble psychologique.
Près de 3 % de la population présente une déficience intellectuelle, soit environ 224 000 personnes au Québec
Parmi eux, près de 90 % présentent une déficience intellectuelle qualifiée de « légère ».
La déficience intellectuelle peut provenir de causes génétiques, chromosomiques, biologiques ou environnementales. Mais 30 % des cas ne peuvent être expliqués.
source : Le Parrainage
civique les Marronniers
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