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Contrôler la hausse des coûts de la santé au Québec

Peut-être pourrait-on investir davantage dans votre suivi à domicile

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Depuis la parution d’une étude du CIRANO anticipant une hausse vertigineuse des coûts du système de santé québécois d’ici 2030, chacun a proposé son remède miracle : sabrer les services, ouvrir les conventions collectives des travailleurs de la santé, sans oublier le recours magique à la privatisation, qui guérit tous les maux, bien entendu.

Depuis la parution d’une étude du CIRANO anticipant une hausse vertigineuse des coûts du système de santé québécois d’ici 2030, chacun a proposé son remède miracle : sabrer les services, ouvrir les conventions collectives des travailleurs de la santé, sans oublier le recours magique à la privatisation, qui guérit tous les maux, bien entendu.

Le CIRANO insiste notamment sur la croissance des dépenses structurelles, estimée à 2,1% par année, qui est plus rapide que la croissance attendue du PIB ou des revenus de l’État. Mais pourrions-nous dépenser moins, sans pour autant vider les établissements de santé de leur personnel et de leurs médecins?

Certainement! Il s’agit de dépenser plus intelligemment.

DANS LES HÔPITAUX

Ainsi, le groupe présidé par l’ancien ministre de la Santé, Claude Castonguay, proposait déjà en 2008 la mise en œuvre d’un programme chargé «d’évaluer la performance des établissements par rapport aux objectifs de santé ainsi qu’aux points de vue clinique et économique». En clair? On devrait pouvoir dire si les services que nous recevons dans les hôpitaux du Québec donnent les résultats qu’ils devraient donner et coûtent le prix qu’ils devraient coûter. L’opération que vous subissez dans l’hôpital X coûte peut-être le double de ce qu’elle coûte dans l’hôpital Y, mais cela ne veut pas dire que vous serez deux fois plus en santé au final!

Peut-être restez-vous hospitalisé plus longtemps à l’hôpital X — ça coûte cher, un lit dans un hôpital de soins aigus. Mais y a-t-il une bonne raison pour que vous ne receviez pas votre congé plus tôt? Peut-être pourrait-on investir davantage dans votre suivi à domicile — ce qui coûte bien moins cher qu’un lit à l’hôpital... sans compter qu’on y mange probablement mieux! Peut-être pourrait-on mieux planifier votre retour à la maison — en commençant à le coordonner dès votre arrivée à l’étage, plutôt que d’attendre que le médecin signe votre congé.

TRANSPARENCE

Qui plus est, il existe des normes reconnues pour évaluer la productivité des soins de santé, comme le système DRG (Diagnosis Related Group), qui permet de dire si une pratique est efficace pour le patient tout en étant la moins coûteuse possible. Le gouvernement pourrait aller jusqu’à déterminer le financement des soins en fonction d’un tel système, en disant par exemple à un hôpital: «L’hôpital dans la ville voisine donne le même soin au même genre de patient avec les mêmes résultats, mais pour la moitié du prix. C’est ça que je vais te donner à toi aussi; suis l’exemple de ton voisin et adapte tes façons de faire... mais que je ne te voie pas couper des services aux patients!»

Sans aller si loin, on est certainement en droit de demander plus de transparence de la part des établissements de santé quant à leur efficacité clinique et financière, et de pouvoir les comparer entre eux. Car, l’objectif, comme l’indique le titre du rapport Castonguay, c’est d’«en avoir pour notre argent».

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