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UPAC | Châteauguay

« Je me sens comme une citoyenne qui a fait son devoir » – Nathalie Simon

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Il allait de soi pour la mairesse Nathalie Simon de dénoncer les irrégularités dont elle a été témoin. Au point où elle l’a fait sans même y réfléchir.

«Ça allait dans l’ordre des choses», a tout simplement laissé tomber l’élue de Châteauguay dont la plainte a mené à la frappe de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) hier matin (voir page 3). Son geste courageux a été applaudi de toutes parts.

«Je ne me trouve pas particulièrement courageuse, a toutefois assuré la mairesse en conférence de presse. Je pense juste que les choses doivent être faites et doivent être dites (...) Je me sens comme une citoyenne qui a fait son devoir».

« Insultée » par la tentative

D’autant plus qu’elle a été fort surprise d’être l’objet d’une telle tentative de corruption à l’heure où la commission Charbonneau passe les stratagèmes au peigne fin.

«Je ne sais pas si j’étais plus choquée ou insultée [par la tentative]», a lancé la mairesse.

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois ni la dernière qu’elle avisait les autorités compétentes d’irrégularités, a souligné Mme Simon. L’ancienne journaliste raconte l’avoir fait dès son entrée en poste en 2009. L’éventualité de représailles ne l’en a jamais empêchée.

«La peur et la crainte, ce n’est pas quelque chose qui m’habite», a-t-elle dit. La mairesse a néanmoins avoué être moins calme qu’elle en avait l’air.

Si elle ne se pense pas courageuse, le directeur du service de police de sa Ville le croit lui.

«Quand on est pris dans quelque chose comme ça, ça prend du courage pour mener les choses à terme, a dit fièrement Stéphane Fleuri. C’est exemplaire. Ça va faire 21 ans que je suis dans le domaine municipal et c’est la première fois que j’ai un élu qui veut aller au bout de son coup.»

Une « femme d’honneur »

«La peur (de représailles) est peut-être là quand on dénonce et c’est

pour ça qu’on parle de courage ici. Parce qu’on passe par-dessus notre peur», ajoute Chantal Rouleau, mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Cette dernière a dénoncé publiquement il y a quelques années son impuissance à empêcher les entreprises liées à la mafia de remporter des contrats publics.

«C’est une femme d’honneur», salue Mme Rouleau. Selon elle, toute l’affaire est la preuve «qu’il y a encore des gens qui essaient (de corrompre les élus), c’est pour ça qu’il faut se tenir debout. Il faut être capable de dire non.»

« On est fiers »

«On est ravis, on est contents, on est fiers du geste courageux qu’elle a posé», se réjouit le conseiller de l’équipe de Mme Simon, Michel Pinard. Il décrit la mère de famille comme une championne de l’intégrité workaholic.

«On a fait campagne sur l’intégrité et Mme Simon fait ce qu’elle dit», note M. Pinard.

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