/news/currentevents
Navigation
Enquête | Sûreté du Québec

L’enquête sur l’état-major de la SQ pourrait être contaminée

Coup d'oeil sur cet article

L’enquête au sujet de l’ancien état-major de la Sûreté du Québec pourrait être vulnérable en justice en raison des liens étroits entre l’enquêteur responsable et le grand patron de la SQ.
       
   
       
   Photo d’archives    
   
   Notre Bureau d’enquête a révélé cette semaine que Mario Laprise (en médaillon à gauche) et l’enquêteur Bruno Beaulieu (à droite) étaient associés dans l’entreprise qui détient ce chalet de location, ainsi que trois autres policiers ou ex-policiers de la SQ .    
   

L’enquête au sujet de l’ancien état-major de la Sûreté du Québec pourrait être vulnérable en justice en raison des liens étroits entre l’enquêteur responsable et le grand patron de la SQ.

C’est du moins l’opinion exprimée hier par deux criminalistes bien connus. «C’est évident qu’il y a un conflit d’intérêts», tranche Jean-Pierre Rancourt, avocat criminaliste.

«Étant donné le contexte de familiarité et de fraternité, je pourrais demander l’arrêt de procédures au tribunal ou la mise à l’écart de certaines preuves», ajoute le criminaliste Robert La Haye.

Rappelons que notre Bureau d’enquête révélait cette semaine que l’enquêteur Bruno Beaulieu était non seulement un bon ami de l’actuel directeur Mario Laprise, mais aussi son partenaire d’affaires dans une entreprise de location de chalet à Saint-Côme, dans Lanaudière.

Or, M. Beaulieu est l’enquêteur responsable de l’équipe d’ex-policiers chargée de faire la lumière sur les agissements de l’ex-directeur Richard Deschesnes et ses deux adjoints – Steven Chabot et Jean Audette – relativement à l’utilisation du «fonds secret» de la SQ.

Les trois hauts gradés ont été suspendus sans solde et font l’objet d’une enquête depuis que le successeur de Richard Deschesne à la tête de la SQ, Mario Laprise, a signalé au ministère de la Sécurité publique des opérations suspectes dans le «fonds secret» de la SQ.

POSITION TRÈS DÉLICATE

Les deux avocats criminalistes soutiennent que les récentes révélations placent la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui doit décider si elle accuse ou non l’ancien grand patron de la SQ au criminel, dans une situation bien délicate.

«Si le DPCP ne porte pas d’accusations, explique Me Rancourt, ça va ouvrir beaucoup de discussions médiatiques. Et s’il porte des accusations, la défense pourrait argumenter que peut-être qu’ils ont fait ce qu’ils avaient à faire, mais pas à 100 pour cent.»

«Si j’étais l’avocat d’un policier accusé en fonction de ça, poursuit-il, je poserais des questions et je voudrais voir le rapport d’enquête pour l’examiner à fond. J’aimerais savoir si, compte tenu du fait qu’il y a une apparence de conflit d’intérêts, ils ont fait l’enquête de façon conforme aux règles.»

«Le DPCP devrait faire des recommandations à l’effet qu’on devrait confier l’enquête à des gens qui n’ont jamais rien eu à faire avec la SQ, ajoute Me La Haye. Tant qu’il y aura quelqu’un, ne serait-ce qu’une personne, le lien sera rompu.»

Commentaires