/misc
Navigation

Dans la même journée, la France souffle le chaud et le froid sur les start-ups

Coup d'oeil sur cet article

800px-Montebourg_Toulouse_2012

Arnaud Montebourg, photo Wikipedia.

Depuis quelques mois, j'aime bien vanter les mérites des discours politiques français au sujet de l'importance des start-ups technologiques, dont notamment ceux de Fleur Pellerin. D'ailleurs, en entrevue hier dans Le Nouvel Observateur, la ministre de l'économie numérique nous a expliqué pourquoi il était important pour la France d'encourager les jeunes pousses.

Extraits :

« Nous construisons le meilleur environnement pour la création et le développement des start-up en France. Il y une vérité qui dérange : les emplois de demain ne seront pas créés par les entreprises d'aujourd'hui. Aux Etats-Unis, les start-ups créent 3 millions d'emplois chaque année. Les nouvelles technologies y sont responsables de deux tiers des créations d'emplois depuis cinq ou six ans. Dans la lutte pour l'emploi et la compétitivité, nous devons donner la priorité aux entreprises à forte croissance. La "French Tech" ce n'est pas une mode ou un slogan, c'est une politique économique décomplexée par rapport à certaines grandes tendances de l'économie mondiale. »

(...)

« Il s'agit de mettre les start-ups au cœur de notre logiciel économique et de lutter contre toutes les formes de plafond de verre qui existent en France et qui freinent l'initiative, la prise de risque et finalement l'innovation. »

Des discours qui viennent de haut dans l'appareil politique et qui, à mon avis, manquent cruellement au Québec. Par contre, au même moment, douche froide de la part d'Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif, qui participait à une discussion à la grande conférence LeWeb à Paris.

Questionné au sujet du décret du gouvernement français qui obligerait les nouveaux joueurs de l'industrie du taxi dont Uber à respecter un délai de quinze minutes entre la réservation d'une course et la montée dans la voiture, Montebourg a défendu le décret et les chauffeurs de taxi parisiens en expliquant que « nous devons changer les choses progressivement, lentement, pour aider les gens à comprendre que leur monde est en train de changer ». Il a ajouté « lorsque les entrepreneurs inventent de nouveaux produits, l'innovation ne détruit pas toujours les écosystèmes. Mais quand ils les détruisent,  nous devons y aller plus lentement ».

Évidemment, les partisans des start-ups croient que ces mesures pénalisent les entrepreneurs. Comme le mentionne Claude Malaison en analyse dans son blogue, « vous avez dans la phrase les deux mots-clés : innovation et slow. Les deux phrases ont en soi un potentiel à réactions négatives, car dans les deux cas, elles sous-entendent qu’il faut faire les choses lentement, ne pas brusquer les habitudes, les acquis sociaux et économiques. »

Le mot de la fin revient certainement à Fred Destin, Européen d'origine et partenaire dans un fonds d'investissement de capital-risque de Boston : « Après le mouvement Slow Food en Italie, je crois que nous avons désormais le mouvement Slow Innovation. Je leur souhaite bonne chance ».