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Le Québec, au centre du monde

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Vous est-il déjà arrivé, en lisant les journaux d’une grande ville d’Europe, d’Amérique latine ou d’Asie, de vous sentir au centre du monde? Vous est-il déjà arrivé, durant un bulletin sur RFI, la NPR ou la BBC, d’avoir la grisante impression que les journalistes faisaient de vous un citoyen du monde?

Vous est-il déjà arrivé, en lisant les journaux d’une grande ville d’Europe, d’Amérique latine ou d’Asie, de vous sentir au centre du monde? Vous est-il déjà arrivé, durant un bulletin sur RFI, la NPR ou la BBC, d’avoir la grisante impression que les journalistes faisaient de vous un citoyen du monde?

À l’inverse, il vous est probablement aussi arrivé de tomber sur un média québécois en rentrant à la maison et d’avoir le sentiment désagréable que nous vivons sur une péninsule isolée, tenue en dehors du monde par la pauvreté de nos médias en matière de nouvelles internationales.

Pierre Bourgault disait souvent que le premier devoir du citoyen est d’être bien informé de ce qui se passe dans la Cité, qu’un citoyen moderne conséquent ne peut justifier le peu d’intérêt pour la vie publique, le peu de connaissances de l’actualité locale, nationale et internationale.

L’OBSESSION DU LOCAL

Mais comment faire pour être informé lorsque nos médias sombrent dans l’obsession du local, dans une sorte de médiocrité du minimum qui donne vaguement l’impression que les patrons des salles de rédaction nous prennent pour une horde d’attardés? Les Québécois n’ont pourtant jamais été plus instruits, plus diplômés, plus voyageurs qu’en 2013. Quel anachronisme!

Le volume des nouvelles internationales diffusé dans les médias québécois arrive maintenant au 19e rang dans le palmarès des sujets de reportage, loin derrière la cuisine! D’après Influence communication, c’est 18 fois moins que dans les médias ontariens et 24 fois moins que la moyenne des médias dans 160 pays! Une honte!

Et je sais bien que les vrais responsables de cet appauvrissement ne sont pas les journalistes. Je me doute que les Akli Aït Abdallah, les Étienne Leblanc, les Sylvain Desjardins et Azeb Wolde-Giorghis (qui n’ont d’ailleurs rien à envier aux René Lévesque, aux Judith Jasmin et aux Pierre Nadeau d’antan!) ne demandent pas mieux que de porter le flambeau. Mais le problème vient d’en haut, dit-on.

Résultat? La plupart des vingtenaires et trentenaires que je connais trouvent désormais leurs infos internationales sur les plateformes – foisonnantes — du New York Times, du Guardian ou du Monde. Rares sont les gens autour de moi qui écoutent encore les journaux télévisés maison. Allons-nous abdiquer définitivement et nous en remettre au point de vue des Américains, des Français et des Anglais sur le monde?

RENOUER AVEC L’IDÉAL

Il nous faut renouer avec l’idéal internationaliste et humaniste d’un service public chargé d’éclairer la vie dans la Cité au plus vite. Pourquoi ne pas créer une agence de nouvelles québécoise qui alimenterait un média multiplateforme (radio, papier, télévision, internet)? Cette agence aurait pour mandat un ratio strict 50-50 d’information nationale et internationale. Il me semble qu’un bon gouvernement souverainiste devrait voir l’intérêt pour un peuple de comprendre le monde afin de s’y inscrire résolument.

Pour bâtir un pays, il faut commencer par se raconter le monde au quotidien en espérant le comprendre. Il faut commencer par se situer, au centre du monde, pour savoir où nous irons. Et qu’on ne nous parle plus de cotes d’écoute lorsqu’on parle d’intérêt général.

 

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