/news
Navigation

Gagner contre son agresseur sexuel

Coup d'oeil sur cet article

Une victime qui gagne un procès civil contre son agresseur franchit souvent un premier pas vers la guérison.

Lorsque le criminel est condamné à payer, la victime reçoit surtout une reconnaissance des dommages qu’elle a subis.

L’ARGENT FAIT LE BONHEUR

«Il y a des effets thérapeutiques à punir son agresseur. Des victimes gagnent en estime de soi», dit le psychologue Hubert Van Gijseghem.

L’avocat Alain Arsenault note parfois des changements significatifs chez ses clients qui obtiennent un dédommagement.

«Dernièrement, j’ai eu un client qui avait de la difficulté, raconte-t-il. Je l’ai revu peu de temps après et on pouvait voir dans son visage qu’il était en train de faire sa guérison.»

L’argent qu’obtiennent les victimes peut aussi leur servir à améliorer leur vie.

«C’est le début de la guérison. Certains l’utilisent pour se payer un bon psychologue, d’autres pour réaliser un rêve comme s’acheter une maison», raconte Me Arsenault.

CENTRÉ SUR LE CRIMINEL

Ces poursuites civiles révèlent plutôt un malaise par rapport au système pénal, selon Michel Surprenant, président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

«Les agresseurs reçoivent encore des sentences bonbons qui ne traduisent pas la gravité de leur geste. Les victimes, elles, ont reçu une sentence à vie», affirme le père de Julie Surprenant. Sa fille disparue en 1999 n’avait jamais été retrouvée, mais son agresseur, alors qu’il était sur son lit de mort, avait avoué s’être débarrassé de son corps.

M. Surprenant déplore que les victimes doivent poursuivre leurs agresseurs pour pouvoir se payer une thérapie, alors que les criminels ont autant de consultations gratuites qu’ils le veulent.

 

Commentaires