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Relancer le dé?

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Après avoir été la force fédérale dominante au Québec, le Bloc québécois est devenu un si petit bloc qu’on peut désormais parler d’un dé.

Après avoir été la force fédérale dominante au Québec, le Bloc québécois est devenu un si petit bloc qu’on peut désormais parler d’un dé.

Même s’il part pour des raisons de santé, le remplacement de Daniel Paillé oblige tout le mouvement souverainiste à se poser de nouveau la question de la pertinence du Bloc.­ Quel service le Bloc, même relancé, peut-il rendre au Québec?

On confond souvent le débat sur l’utilité du Bloc avec celui sur son potentiel électoral. Il n’y a aucun doute qu’il existe un marché électoral pour le Bloc. Même dans les sondages les plus pessimistes pour cette option, la souveraineté obtient toujours un appui minimal du tiers des Québécois. Dans les circonscriptions francophones, ce chiffre plancher s’élève à 40%. Il est donc incontestable que cet électorat offre au Bloc un potentiel de gains.

Pour cette raison, nul ne peut se lever aujourd’hui et affirmer avec certitude que le Bloc est mort, condamné à être éradiqué à la prochaine élection. Dans mon esprit, le Bloc a la capacité de rebondir bien plus rapidement qu’on pense.

ENCORE UTILE?

Mais un potentiel électoral n’est pas la garantie d’une utilité réelle. Imaginons que le Bloc rebondisse à la prochaine élection et passe de quatre sièges à 20. En quoi le Québec serait-il plus avancé? Le Bloc est condamné mathématiquement à l’éternelle opposition. Sa présence ne fait que réduire le nombre de Québécois susceptibles d’accéder à des postes clés dans les décisions au Canada.

Même à l’intérieur des souverainistes, la pertinence d’investir argent et énergie dans le Bloc va se poser. Il fut une époque où le Bloc amenait beaucoup de ressources au mouvement souverainiste. Des députés présents partout avec chacun une masse salariale pour embaucher des militants qui pouvaient se consacrer à la politique à temps plein. Et la loi fédérale finançait largement les partis politiques, transférant au Bloc des millions de fonds fédéraux.

FARDEAU FINANCIER

Avec la coupe du financement public des partis par le gouvernement Harper, le Bloc ne sera plus un apport, mais un poste de dépenses pour les souverainistes. On devra séparer les dons des militants entre le PQ et le Bloc. Je suis convaincu que bien des stratèges péquistes proposeront de regrouper toutes les forces pour la bataille importante qui se mène au Québec et de laisser tomber le Bloc au fédéral.

De toute façon, qui va vouloir reprendre le flambeau de la direction du Bloc? La tâche est colossale. Daniel Paillé a travaillé vraiment fort au cours de la dernière année pour reconstruire le Bloc. Les résultats ne furent jamais visibles, mais ce n’est pas faute d’efforts et de courage. Pour avoir vu passer ses agendas de tournée des régions et de visites aux quatre coins du Québec, je sais qu’il s’est dévoué pour refaire les bases du parti.

Avant que quelqu’un d’autre ne se lance dans le même exercice, les souverainistes doivent regarder sérieusement l’option de terminer l’aventure. De toute façon, le Bloc avait été fondé pour ne durer qu’une seule élection, n’est-ce pas?

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