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Incidents violents

Les incidents violents dans le village gai sèment l’inquiétude

Le nombre d’actes violents à caractère homophobe a augmenté ces derniers temps dans le village gai. Alain Jackinsky porte d’ailleurs les marques de l’agression dont il a été victime à la sortie d’un bar, dans la nuit de vendredi à samedi.
Photo Pierre-Paul Poulin Le nombre d’actes violents à caractère homophobe a augmenté ces derniers temps dans le village gai. Alain Jackinsky porte d’ailleurs les marques de l’agression dont il a été victime à la sortie d’un bar, dans la nuit de vendredi à samedi.

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Les membres de la communauté gaie de Montréal s’inquiètent de la multiplication d’incidents violents survenus récemment dans leur village. Encore ce week-end, deux d’entre eux se sont fait tabasser à la sortie des bars.

Les membres de la communauté gaie de Montréal s’inquiètent de la multiplication d’incidents violents survenus récemment dans leur village. Encore ce week-end, deux d’entre eux se sont fait tabasser à la sortie des bars.

«Jamais je n’ai vécu une telle violence et une telle haine envers les gais», dénonce Alain Jackinsky sur sa page Facebook.

Au lendemain d’une sauvage agression dont il a été victime à la sortie du Sky Club, le disc jockey de l’établissement de la rue Sainte-Catherine depuis 12 ans semble visiblement bouleversé par la violence des coups.

Tout a commencé vers 3 h 30 dans la nuit de vendredi à samedi. Le portier du Sky aurait poussé Alain Jackinsky à l’extérieur du bar.

«Je suis tombé dans la rue et deux filles ont commencé à me frapper avant que je puisse me relever, relate-t-il. Deux ou trois gars sont aussi venus m’attaquer. Mon pauvre colocataire a tenté de me porter secours, mais il a été attaqué à son tour», décrit l’homme, qui n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue, mais qui lance un vibrant appel à la communauté gaie.

«La violence doit cesser!», plaide-t-il.

VILLAGE TROP « ROCK AND ROLL »

«Ce n’est pas un incident isolé, le village est devenu beaucoup trop rock and roll», croit Louis-Alain Robitaille qui, en réaction à plusieurs agressions survenues récemment dans le village, a lancé Collectif Carré Rose, une page Facebook dont l’objectif est de contrer l’homophobie et de promouvoir la paix dans le village gai et la grande région de Montréal.

«En trois jours, nous avons atteint presque 2500 mentions “j’aime”. Ce qui est arrivé ce week-end est la goutte qui a fait déborder le vase», explique-t-il.

D’autres incidents violents sont relatés dans les réseaux sociaux, dont un le mois dernier, en face du supermarché Métro de la rue Sainte-Catherine. Des témoins ont vu une personne se faire tabasser par cinq individus.

Les policiers du poste 22 connaissent bien la situation. Le problème, disent-ils, c’est que comme ce fut le cas pour Alain Jackinsky et son colocataire, les victimes refusent de porter plainte.

«Sans plainte, notre intervention s’arrête là. On ne peut pas faire enquête ni procéder à des arrestations. On porte assistance à la victime, mais c’est tout ce que l’on peut faire», explique le commandant Vincent ­Richer.

Selon certains membres de la communauté gaie, une présence accrue des effectifs policiers dans le village gai pourrait faire une différence.

ENTRÉE GRATUITE ET DRINK À 2$

«Il faut se demander, pourquoi il n’y a pas plus de présence policière à ces heures critiques où de nombreuses attaques se sont produites dernièrement», plaide l’un d’eux.

Un autre attribue la violence dans le village au faible coût de l’alcool disponible dans certains établissements.

«Il est clair que l’entrée gratis, puis les drinks à 2 $, c’est vraiment pas une bonne idée. J’y ai vu des affaires épouvantables ces derniers temps. Les jeunes se saoulent dans un lieu dangereux!»

Propriétaire du Sky, Peter Sergakis souhaite dissocier son établissement des récents cas d’agressions.

«Le Sky est un endroit paisible et sa clientèle est pacifique. Oui, on vend notre bière 2 $, mais mon compétiteur le fait aussi. Anyway, moi je pense qu’un bar qui vend un drink 7 $ ou 8 $ vole ses clients», conclut-il.

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