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Charité bien ordonnée commence par bien cibler

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Noël et le jour de l’An sont synonymes d’entraide et de résolutions. On fête Noël en famille ou entre amis, certes. On donne aussi un coup de main à ceux d’entre nous qui ont eu moins de chance ou dont les circonstances sont plus difficiles. On se promet à soi-même de faire mieux pour l’année qui vient.

Noël et le jour de l’An sont synonymes d’entraide et de résolutions. On fête Noël en famille ou entre amis, certes. On donne aussi un coup de main à ceux d’entre nous qui ont eu moins de chance ou dont les circonstances sont plus difficiles. On se promet à soi-même de faire mieux pour l’année qui vient.

Ce qu’on fait sur le plan personnel s’applique aussi collectivement. Après tout, l’entraide passe aussi par les programmes sociaux. On demande au gouvernement de venir en aide aux plus démunis et de donner un sens à l’égalité des chances.

Le problème, c’est que les finances publiques sont en piteux état. À moins de réviser ses façons de faire, le gouvernement du Québec n’aura pas longtemps les moyens de financer l’entraide collective. Pour redresser la barre, je suggère de prendre une résolution: changer la mauvaise habitude du mur-à-mur.

FRAIS DE SCOLARITÉ

Par exemple, en février, le gouvernement a pris la décision d’indexer les frais de scolarité de tous les programmes. Tous les étudiants paient un montant identique, qu’ils soient en médecine, en lettres ou en gestion. Et bien que les étudiants provenant des familles les moins nanties bénéficient de prêts et bourses, on ne voulait pas augmenter les frais pour les étudiants les plus fortunés. Bref, pour les frais de scolarité, c’est la règle du «tout le monde pareil».

Le ministre de la Santé dit s’inquiéter de la prolifération des cliniques privées au Québec. Il voudrait empêcher les patients de faire le choix du privé, alors que ça évite d’engorger les urgences du système public. On rejette les avancées positives parce qu’au Québec, en santé, c’est la règle du «tout le monde dans la même file d’attente».

Les garderies à 7 $, c’est aussi un seul tarif pour tous, peu importe notre situation financière. Aider les parents qui veulent retourner sur le marché du travail, c’est louable. Mais est-ce que le tarif subventionné devrait vraiment être appliqué mur à mur?

Certains n’épargnent pas assez pour leur retraite selon Alban D’Amours. Il propose un nouveau programme qui réduit les salaires de tous les Québécois, plutôt qu’une solution ciblée.

DROITS ET SUBVENTIONS

Cesser la livraison du courrier à la porte peut être problématique pour les personnes à mobilité réduite. Doit-on maintenir le service pour tout le monde et payer les déficits de cette société publique ou aider ceux qui en ont vraiment besoin?

L’égalité en droits pour tous ne veut pas dire l’égalité en subventions de toutes sortes. Sous couvert de programmes sociaux dits «universels», on gaspille des ressources considérables. L’euphémisme est joli, mais les résultats sont inefficaces. Inéquitables, qui plus est, parce qu’à défaut de prioriser, on menace la survie entière des programmes les plus essentiels.

Sur le plan économique, je nous souhaite pour 2014 que le gouvernement québécois abandonne son obsession du mur-à-mur.

L’entraide et la générosité doivent cibler ceux qui en ont davantage besoin. Le «one-size-fits-all», c’est pour les bas, pas pour l’État!

 

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