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Décriminalisation | Prostitution

Des féministes crient victoire

Stella et l’Institut Simone-De Beauvoir
Photo Rachel Del Fante / Agence QMI L’avocat qui représente l’Institut Simon de Beauvoir, Walid Hijazi, Anne-Aude Caouette de l’organisme Stella et Viviane Namaste, professeur titulaire à l’Institut Simon de Beauvoir, réagissent à la décision de la Cour suprême concernant la prostitution.

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L’organisme de défense des travailleuses du sexe Stella et l’Institut Simone-De Beauvoir se réjouissent de la décision de la Cour suprême d’invalider les lois qui criminalisent la prostitution au pays.

«La voix des travailleuses du sexe a été entendue», a dit Anne-Aude Caouette de l’organisme Stella, lors d’un point de presse vendredi après-midi.

Viviane Namaste, professeure titulaire à l’Institut Simon de Beauvoir qui offre le plus ancien programme d'études féministes au Canada, juge qu’il s’agit d’une victoire parce que cette décision traite la question comme un enjeu juridique et non de moralité.

«Cela dit que ces femmes ont également des droits constitutionnels et que leur sécurité compte, bien qu’elles soient marginalisées», a-t-elle affirmé.

L’avocat qui représente l’Institut, Walid Hijazi, a quant à lui préciser que toutes les dimensions violentes de la prostitution demeurent criminalisées. «Les ‘’pimps’’ n’auront pas carte blanche pour exploiter les femmes et les enfants», a-t-il dit.

Modèle nordique

Julie Miville Dechêne du Conseil du statut de la femme (CSF), qui s’inquiète de la décriminalisation de la prostitution, a soutenu plus tôt vendredi que le Canada devrait s'inspirer de la Suède et de la France, qui pénalisent les clients de la prostitution.

L’organisme Stella juge toutefois que le gouvernement ne doit pas mettre de l’avant un tel modèle. «La criminalisation des clients, c’est encore la criminalisation du travail du sexe», a déclaré Anne-Aude Caouette.

L’avocat Walid Hijazi croit pour sa part que ce modèle est fondé sur l’idée que tous les clients sont agressifs. «Il faut une approche nuancée, a-t-il affirmé. Tous les hommes ne sont pas violents».

Salons de massage

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a souligné qu’il maintiendrait son plan d’éradiquer les salons de massage érotique sur le territoire de la métropole. «On a déjà un plan d’action, et l’on va le garder», a-t-il soutenu. C’est une question d’aménagement de la réalité du territoire».

Pour le maire, il s’agit d’une approche préventive et de protection, parce que cette forme de prostitution amène de l’exploitation.

L’organisme Stella croit que cette lutte ne vise pas les bonnes personnes, comme elle l’avait dénoncé plus tôt cette semaine. Anne-Aude Caouette a indiqué que l’organisme rencontrera en janvier le comité de la Ville qui travaille sur la question.

 

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