/news/currentevents
Navigation
Rencontre | Sapins

Le « Treeman » de New York

François, un Montréalais, représente la période des Fêtes pour de nombreux habitants de la Grosse Pomme

vendeur de sapin François
Photo Marie-Joëlle Parent Depuis 20 ans, François, alias «Treeman», traverse la frontière pour vendre ses sapins. Mais, cette année, deux réalisateurs, et clients, le suivent pas à pas pour préparer un documentaire sur celui qui a été adopté par les New-yorkais.

Coup d'oeil sur cet article

NEW YORK | Un Québécois vendeur de sapins est la vedette d’un nouveau documentaire à New York. Rencontre avec François, le « Treeman » du Upper West Side de Manhattan.

NEW YORK | Un Québécois vendeur de sapins est la vedette d’un nouveau documentaire à New York. Rencontre avec François, le « Treeman » du Upper West Side de Manhattan.

Depuis quelques années, François, un Montréalais dans la quarantaine, installe son kiosque de sapins à l’angle de Broadway et de la 102e rue à Manhattan.

Dans le quartier, on le surnomme «Frank Treeman». «Ou le Crazy French Man, ajoute François. Il faut être un peu fou pour faire ça».

«Ce n’est pas Noël tant qu’on ne voit pas François», dit Brad Rothschild, réalisateur new-yorkais qui a décidé de tourner un documentaire sur François. Son collègue Jon Reiner et lui sont des clients du vendeur de sapins depuis des années.

Le film intitulé Treeman sortira l’hiver prochain. Les réalisateurs ont filmé François à son départ du Québec au début du mois de novembre et vont le raccompagner le 25 décembre à son retour à la maison.

«Pour nous, il vient du Grand Nord comme le père Noël. Le quartier l’a adopté, les commerçants le connaissent, les résidents lui apportent des plats cuisinés et lui ouvrent la porte de leur appartement», explique Brad Rothschild.

C’est le cas de Jill Chase, 70 ans, qui habite à quelques coins de rue du kiosque. Mme Chase, une survivante de l’Holocauste, n’avait jamais célébré Noël jusqu’à ce qu’elle rencontre François. Elle a maintenant un sapin dans son salon qu’elle décore avec ses vieux bijoux.

Depuis 2006, elle donne les clés de son appartement à François pour qu’il puisse venir prendre sa douche et manger un repas chaud. «Elle lave même ses vêtements et les rapporte pliés au kiosque!», ajoute le réalisateur.

«On ne penserait jamais ça d’une ville comme New York», confie François qui emploie trois New-yorkais pour l’aider. «C’est moins compliqué que faire venir des Québécois», dit-il. Un d’eux travaille avec lui depuis qu’il a 11 ans. Il le considère comme son fils adoptif.

700 SAPINS EN 35 JOURS

François vend jusqu’à 700 sapins en 35 jours avant de retourner au Québec, le jour de Noël, pour rejoindre sa femme et ses trois enfants. En attendant, il communique avec eux par Skype.

Il travaille de 14 à 16 heures par jour. «Le plus dur, c’est l’humidité, ça rentre dans les os», dit-il tout en mâchouillant un mini cigare.

Il dort dans sa camionnette surnommée Elvis (en hommage à Elvis Gratton). Son abri de fortune comprend un four à micro-ondes, une machine à espresso, il a même Internet sans fil et écoute la radio du Québec tout en travaillant.

«Je vends du luxe», dit-il. Les sapins les plus chers de son kiosque sont 350 $, le sapin moyen de six pieds se vend 75 $. Il refuse de dévoiler le montant qu’il gagne par hiver. «Disons juste que je ne deviens pas riche avec ça. C’est très long avant de se bâtir une clientèle».

Commentaires