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Dix journées qui ont fait le Québec

La signature du traité de Paris

Le 10 février 1763

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Par le traité de Paris, les royaumes de France, d’Espagne et de Grande-Bretagne mettaient fin à une guerre de Sept Ans. Les Anglais sortaient grands vainqueurs de ce conflit d’ampleur mondiale. Mais, en sacrifiant entre autres la Nouvelle-France, les Français étaient convaincus d’avoir tiré leur épingle du jeu…

Par le traité de Paris, les royaumes de France, d’Espagne et de Grande-Bretagne mettaient fin à une guerre de Sept Ans. Les Anglais sortaient grands vainqueurs de ce conflit d’ampleur mondiale. Mais, en sacrifiant entre autres la Nouvelle-France, les Français étaient convaincus d’avoir tiré leur épingle du jeu…

La situation en Amérique du Nord était on ne peut plus mal engagée. En septembre 1760, lors de la capitulation de Montréal, le gouverneur Vaudreuil avait cédé le Canada et toutes ses dépendances aux Britanniques commandés par Jeffrey Amherst. En fait, le traité de Paris venait parachever la Conquête.

Ce matin du 10 février 1763, César Gabriel de Choiseul observe à Fontainebleau le duc de Bedford parapher le fameux document. Choiseul a sans doute hâte de rencontrer Voltaire, qui lui écrivait, quelques mois plus tôt: «Je suis comme le public, j’aime mieux la paix que le Canada et je crois que la France peut être heureuse sans Québec.» Cette guerre a coûté trop cher à la France, il était temps de sauver les meubles.

UNE CESSION CALCULÉE

Gabriel Choiseul et son cousin Étienne, principal négociateur du traité, étaient parvenus à convaincre Louis XV de préférer le sucre des Antilles et le poisson au large de Terre-Neuve à la fourrure du Canada. Choiseul n’a qu’un regret: celui de ne pas avoir en face de lui William Pitt, le grand vainqueur de la guerre. Tous deux se posent d’ailleurs la même question: que feront les Treize colonies américaines des Anglais sans une menace française à leurs frontières? En quittant la salle, Choiseul glisse à ses conseillers:

«Nous les tenons!»

La stratégie n’était pas sans mérite, en effet: la France était parvenue à maintenir son statut de puissance maritime, et, 20 ans après la signature du traité, la guerre d’indépendance américaine se solderait comme on sait. En attendant, tant pis pour 150 ans d’héroïsme, tant pis pour la présence de la France en Amérique, et tant pis pour ses alliés indiens – qu’ils aillent aux Anglais! Quant au pauvre marquis de Montcalm… que Dieu ait son âme!


Pour en apprendre plus sur la journée du 10 février 1763 et sur ses conséquences, lire «Le traité de Paris: “la France peut être heureuse sans Québec”», le chapitre que signe l’historien Denis Vaugeois dans Dix journées qui ont fait le Québec  (VLB éditeur), sous la direction de Pierre Graveline, directeur de la Fondation Lionel-Groulx.

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