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Une arme en cadeau pour les enfants

Pour certains Américains, tirer au fusil est une activité familiale à laquelle les enfants sont initiés en bas âge

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Aux États-Unis, plusieurs enfants apprennent à manier une arme à feu parfois dès l’âge de cinq ans. Certains enfants recevront même leur premier fusil en cadeau à Noël.

New York | Aux États-Unis, plusieurs enfants apprennent à manier une arme à feu parfois dès l’âge de cinq ans. Certains enfants recevront même leur premier fusil en cadeau à Noël.

Chez les McDuffie, à Loganville, en Géorgie, manier les armes est une activité familiale. «Mes enfants n’ont pas peur des armes. Nous aimons tirer en famille, on a même un stand de tir à la maison», dit Westley McDuffie, 41 ans.

TRADITION

L’ancien militaire, père de deux jeunes enfants, possède 16carabines et 4pistolets à la maison. «Pour la naissance de mon fils, mon père m’a donné un fusil qu’on se transmet de génération en génération, c’est une tradition. Nous ne sommes pas censés craindre les armes, mais les respecter», dit-il.

Un an après la tuerie de l’école primaire Sandy Hook, le débat autour des armes à feu est toujours aussi enflammé aux États-Unis, surtout celui entourant les parents qui gardent des armes à feu à la maison.

AU CANADA AUSSI

Dans le rapport de 48pages sur la tuerie publié il y a quelques semaines, on a appris, en autres, que la mère d’Adam Lanza conservait un grand nombre d’armes à feu à la maison et que, malgré les troubles mentaux évidents de son fils, elle songeait à lui offrir un pistolet CZ-83 pour Noël.

Le phénomène existe aussi au Canada, mais à une échelle minime, comparativement aux États-Unis.

«Au Canada, la culture des armes est très différente et plutôt cachée. Les parents apprennent à leurs enfants à tirer surtout comme moyen de subsistance, en zone rurale ou dans les communautés des Premières Nations», explique George MacLean, professeur de sciences politiques à l’Université du Manitoba, spécialisé en contrôle des armes à feu.

«Aux États-Unis, surtout dans le sud du pays, on apprend aux enfants à manier les armes pour se protéger de l’ennemi en assumant qu’ils vont en avoir besoin un jour. C’est une notion totalement étrangère pour des Canadiens», ajoute M.MacLean.

Westley McDuffie a acheté la première arme de son fils à l’âge de cinq ans, une carabine de calibre .22 de marque Crickett, une compagnie américaine qui fabrique et commercialise des armes à feu pour enfants. Sa fille de six ans recevra aussi sa première arme pour Noël.

FUSIL ROSE

Sur le site de Crickett, on propose trois modèles de fusil de calibre .22 pour enfants de différentes couleurs pour environ 50$ US. On y vend même des fusils roses pour les filles. «Mon premier fusil» est le slogan de l’entreprise.

En mai dernier, un garçon de cinq ans du Kentucky a tué sa sœur de deux ans par accident avec ce type d’arme qu’il avait reçue pour son anniversaire. Après l’accident, Crickett a retiré de son site internet la section de photos d’enfants avec leurs armes.


LA LOI AUX ÉTATS-UNIS

Un individu de 21ans ou plus peut acquérir une arme de poing auprès d’un distributeur autorisé par le gouvernement fédé­ral dans son État de résidence. Une personne de 18ans ou plus peut acheter une carabine ou un fusil de chasse d’un distributeur autorisé par le gouvernement fédéral dans n’importe quel État.

LA LOI AU CANADA

Un individu doit avoir 18ans ou plus pour acheter ou posséder une arme à feu. Un permis pour mineur permet aux jeunes d’emprunter une carabine ou un fusil de chasse sans restrictions à des fins autorisées telles que la chasse ou le tir sur cible. En règle générale, l’âge minimum est de 12ans, mais certaines excep­tions peuvent être accordées aux jeunes qui doivent chasser pour subvenir à leurs besoins. Cela est généralement réservé aux enfants vivant dans les régions éloignées, les communautés autochtones principalement, qui se livrent à la chasse de subsistance.

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