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Dépression | temps des Fêtes

Dépression pendant le temps des Fêtes : hausse des appels dans les centres de crise

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À l’approche des Fêtes, les organismes qui viennent en aide aux personnes en crise sont débordées, inondées d'appels.

Les jours précédents et suivants les célébrations de Noël et du jour de l’An risquent d’être chargés pour les téléphonistes des centres de crise. Solitude, dépression, pensées noires : la détresse vécue pendant le temps des Fêtes n’est pas anodine, préviennent les organismes, qui constatent une recrudescence des appels de la part de personnes abattues.

«On remarque de façon constante, chaque année, une hausse des demandes d’aide après les Fêtes, explique Christine Deschênes, directrice du centre de crise TRACOM, qui dessert principalement le territoire du Centre-Ouest de Montréal. On constate beaucoup d’appels présentement, mais c’est après les Fêtes que ça s’intensifie.»

Les professionnels de TRACOM, qui offre un soutien téléphonique 24 h/24, tous les jours de la semaine, peuvent recevoir des appels variés, autant ceux de gens en état de détresse immédiate que des membres de la famille d’une personne décédée.

«Pendant les Fêtes, les gens vont être avec des amis, avec leur famille, mais cette période peut réveiller en eux certains conflits qui existaient déjà», ajoute Christine Deschênes.

Même son de cloche du côté de l’organisme Suicide Action Montréal. Le personnel sera sur un pied d’alerte dès le début du mois de janvier.

«Pour la plupart des gens, c’est un moment de joie, mais quand le dur retour à la réalité arrive, c’est là qu’on voit une augmentation importante, souligne Rock-André Blondin, intervenant au service pour les personnes suicidaires. À la suite des périodes de réjouissance, le fait de se retrouver avec sa solitude peut amplifier la détresse.»

Faire face à la dépression du temps des Fêtes n’est pas facile, prévient Dre Nathalie Dinh, psychologue en chef au Centre hospitalier de St. Mary (CHSM). Il s’agit d’une période émotionnellement complexe, puisque les gens se mettent à réfléchir aux changements qu'ils ont vécus au cours de l’année qui s’achève, indique Dr Dinh.

«Le surplus d'activité qu’engendre la période des Fêtes peut également entraîner des attentes et des exigences de perfection irréalistes lorsqu’il est question de divertissements et d’obligations sociales, ce qui crée des conflits et des tensions entre les membres de la famille et les amis, explique-t-elle. La surconsommation de nourriture et d'alcool, combinée à une augmentation des occasions de “faire la fête” et au manque de sommeil, peuvent conduire à des changements d’humeur.»

Il n’est pas étonnant que les sentiments de tristesse se transforment en pensées suicidaires, déplore Nathalie Dinh. Dans ces moments difficiles, elle souligne qu’il est important de se rappeler que les Fêtes sont une occasion de se retrouver entre amis et en famille et qu’il faut s’entourer de gens positifs.

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