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Montréal pionnière mondiale pour la recherche sur le cerveau

Montréal pionnière mondiale pour la recherche sur le cerveau
Photo anne caroline desplanques et courtoisie

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Aujourd’hui connue pour les scandales qui entourent la construction de ses hôpitaux universitaires, Montréal est aussi le siège de découvertes neurologiques qui ont permis aux gouvernements du monde entier d’économiser des sommes colossales.

Aujourd’hui connue pour les scandales qui entourent la construction de ses hôpitaux universitaires, Montréal est aussi le siège de découvertes neurologiques qui ont permis aux gouvernements du monde entier d’économiser des sommes colossales.

«Le traitement contre l’épilepsie élaboré ici a permis aux gouvernements du monde entier d’économiser des millions de dollars», rappelle le Dr William Feindel, de l’Institut et hôpital neurologique de Montréal (INM) rattaché à l’Université McGill.

À 95 ans, ce neurochirurgien est encore très actif et vient de faire paraître Images of The Neuro. Dans ce portrait littéraire de l’histoire de la médecine, il retrace la genèse de l’INM et ses grandes découvertes.

L’incroyable aventure de la neurologie montréalaise a commencé par une simple lettre écrite par le Dr William Osler alors qu’il était en vacances à l’île de Jersey, en 1919.

Dans cette missive d’à peine six lignes, il demande à John Rockefeler de l’aider à ouvrir une clinique de neurologie à l’Université McGill. M. Rockefeler répond par un chèque de 5 M$ pour les écoles de médecines du Canada, dont plus d’un million pour le Neuro de McGill, raconte le Dr Feindel.

TRAITER L’ÉPILEPSIE

L’INM est inauguré en grande pompe en 1932. Dès le début, le principal sujet de recherche est l’épilepsie. C’est la spécialité du Dr Wilder Penfield, qui a donné son nom à l’avenue du même nom.

Le Dr Penfield est l’inventeur du traitement neurologique de l’épilepsie, connu sous le nom de «Procédure de Montréal». Ce traitement est reproduit à travers le monde depuis 1954.

Il consiste à enlever les cellules du cerveau responsables des crises. Anesthésié localement, le patient est conscient tout au long de l’opération pour aider le chirurgien à repérer les zones sensibles.

CARTOGRAPHIER LE CERVEAU

Le Neuro est aussi connu à travers le monde pour sa contribution au développement de l’électroencéphalographie, une méthode d'exploration cérébrale qui mesure l'activité électrique du cerveau au moyen d’électrodes placées sur le cuir chevelu.

C’est également là qu’a été utilisé le premier scanneur IRM (imagerie par résonance magnétique) au pays, en 1972. L’institut avait auparavant été le premier au Canada à utiliser des scanneurs CAT et PET. Le premier soumet le patient à des rayons X et l’autre à une substance radioactive.

 Ironiquement, souligne le Dr Feindel, ces outils auraient pu permettre de sauver l’homme qui a inauguré le Neuro. Edward Beatty, le chancelier de McGill de l’époque, est en effet mort d’un accident vasculaire cérébrale alors que l’institut fourbissait ses premières armes.

FORTE COMPÉTITION

Aujourd’hui, à l’heure où les fonds pour la recherche fondamentale se font rares, il faudrait plus qu’une simple lettre pour créer un autre INM, indique le Dr Feindel.

«Aujourd’hui, il y a beaucoup de compétition. Des centaines de chercheurs travaillent sur le cerveau partout au pays, explique-t-il. D’une certaine façon, nous avons créé notre propre compétition puisque beaucoup ont été formés chez nous.»

 
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