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Un journaliste affecté au pot

Le Denver Post mobilise une quinzaine de reporters pour couvrir les sujets liés au cannabis

Un journaliste affecté au pot
Photo courtoisie Ricardo Baca, du Denver Post, reconnaît qu’il détient «le meilleur job dans le monde du journalisme». Son poste est une première dans l’univers des médias aux États-Unis.

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«Marijuana Editor», peut-on lire sur la nouvelle carte professionnelle de Ricardo Baca.

«Marijuana Editor», peut-on lire sur la nouvelle carte professionnelle de Ricardo Baca. Le journaliste a été nommé rédacteur spécialisé en cannabis par le Denver Post, le quotidien le plus lu au Colorado.

C’est le premier poste du genre créé par un média aux États-Unis. «Je ne vais jamais venir au travail gelé!» promet-il.

La nouvelle de la nomination de Ricardo Baca, le mois dernier, s’est répandue comme une traînée de poudre à travers le monde. Les rédacteurs d’émissions comme The Colbert Report, Saturday Night Live et The Tonight Show With Jay Leno s’en sont donné à cœur joie.

«Je m’attendais à des blagues, mais pas à ce point, dit le journaliste de 36 ans. Localement, par contre, on est passé à autre chose. On vit avec le boom de cannabis depuis des années.»

Au Colorado, l’usage thérapeutique du cannabis est déjà légal depuis 2000. «Ça fait partie de notre quotidien, maintenant. Durant mon trajet d’autobus, je passe devant au moins 15 dispensaires, il y en a partout», dit-il.

Le 1er janvier, le Colorado deviendra le premier État des États-Unis à permettre la vente au détail de cannabis. Dans la foulée de cette révolution, le Denver Post a décidé d’ajouter une nouvelle section à son journal en plus de lancer, le 29 décembre, un site web entièrement consacré à tous les sujets liés à la marijuana. On peut même s’inscrire pour recevoir ses infolettres sur le cannabis.

HISTOIRE DE L’ANNÉE

«C’est la première fois dans le monde que le pot sera légalement vendu dans un magasin en montrant seulement une pièce d’identité. Ça va être la plus grosse histoire de l’année pour nous», dit le journaliste qui travaille au Denver Post depuis 12 ans. Il a d’abord été critique musical, puis chef de la section culturelle.

Le quotidien britannique The Independent a décrit son emploi comme «le meilleur job dans le monde du journalisme».

«Je suis d’accord et je dirais même que ça surpasse Daniel Vaughn, qui a été nommé “Barbecue Editor” du magazine Texas Monthly!» renchérit Ricardo Baca.

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la loi, il lui restait encore à trouver le nouveau «pot critic» du journal, l’équivalent d’un critique gastronomique qui va tester et passer en revue les différentes variétés de cannabis offer­tes dans les boutiques de la ville.

M. Baca a reçu environ 300 CV pour ce poste. Il a retenu huit candidats pour l’instant.

«Une femme qui travaille pour une maison d’édition réputée m’a envoyé son CV. Elle raconte en détail la première fois où elle a fumé du haschich en Nouvelle-Zélande, c’est vraiment le seul emploi au monde où l’on peut écrire une chose semblable», dit-il.

Le Denver Post a récemment ajouté le cannabis à la liste de drogues que ses employés ne peuvent pas utiliser au travail. Le critique ne sera évidemment pas touché par cette règle.

CINQ JOURNALISTES

Pour ce qui est de M. Baca, oui, il a déjà consommé. «Dès qu’on a annoncé mon poste, j’ai reconnu avoir déjà mangé du pot, mais je ne le fume pas. Je voulais être honnête avec les lecteurs.»

Son équipe comporte cinq journalistes qui écrivent déjà sur le sujet depuis quelques années, ainsi qu’une dizaine de pigistes. Ils couvrent les conseils municipaux, les conséquen­ces sociales, économiques et criminelles de la nouvelle loi.

«J’espère grimper à 25 pigistes, on va couvrir toutes les facettes, autant les stoners dans leur sous-sol que les mères qui se rencontrent pour fumer le mercredi soir», conclut M. Baca.

 
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