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Tout est prêt pour la révolution de l’or vert

Une des industries en plus forte croissance aux États-Unis est en train de naître avec le cannabis

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Pour les cultivateurs de cannabis du Colorado, l’entrée en vigueur de la vente au détail de la marijuana est une véritable ruée vers l’or vert. Certains pourraient engranger jusqu’à 50 M$ par année. Ici, l’argent pousse réellement dans les arbres.

Pour les cultivateurs de cannabis du Colorado, l’entrée en vigueur de la vente au détail de la marijuana est une véritable ruée vers l’or vert. Certains pourraient engranger jusqu’à 50 M$ par année. Ici, l’argent pousse réellement dans les arbres.

C’est demain à 8 h du matin qu’ouvriront les premières boutiques offrant de la marijuana en vente libre au Colorado, une première dans le monde. Vingt-quatre magasins seront ouverts dans l’État, dont 14 à Denver, la capitale.

Des centaines d’autres établissements emboiteront le pas dans les prochains mois après avoir reçu leur permis du gouvernement et de leur municipalité.

C’est le cas de Denver Relief, qui est le plus ancien producteur de cannabis à usage médical de Denver.

C’est en 2008, avec seulement 200 g de marijuana, 4000 $ en poche et un ami que Kayvan Khalatbari, 30 ans, et ancien ingénieur du Nebraska, a fondé la compagnie.

Ils ont commencé par faire pousser l’herbe dans les montagnes autour de Denver avant de faire migrer leurs opérations dans un immense hangar de 13 000 pi2 en bordure de l’autoroute 70, qui relie l’aéroport au centre-ville de Denver.

C’est dans ce secteur que se sont installées la plupart des plantations. On surnomme ce quartier Green Zone à cause des effluves de marijuana qui se dégagent des entrepôts. D’autres appellent la région Silicon Valley of Weed.

Caméras de surveillance

Le hangar de Denver Relief ne porte aucune enseigne pour ne pas attirer les voleurs. À l’intérieur, 32 caméras filment employés et visiteurs.

Les enregistrements vidéo sont conservés sur des serveurs pendant 30 jours au cas où il y aurait une inspection de la Division de la Marijuana, l’agence gouvernementale qui gère les permis.

Tous les employés ont subi des vérifications d’antécédents criminels. Ils ont tous l’air plus geek que givrés.

Dans les trois salles de culture, on nage en pleine mer de cannabis. L’odeur est étourdissante. «Je ne le sens même plus», dit Kayvan, qui fume quotidiennement depuis l’âge de 15 ans, convaincu d’avoir ainsi pu soulager ses problèmes d’anxiété.

Température contrôlée, eau filtrée, gaz carbonique à volonté et lampes au sodium à haute pression... rien n’est laissé au hasard. Les plantes sont éclairées 12 heures par jour pour favoriser la production de fleurs.

Cavalier seul

Près de 2200 plantes sont cultivées à la fois. Les 30 variétés portent des noms comme Bio-Jesus, Blue Dream, The Sister et Bio Diesel, leur meilleur vendeur. L’once (28 g) se vend 295 $US.

Denver Relief produit 450 g de cannabis par jour qui sont ensuite acheminés vers leur dispensaire situé dans le quartier Baker.

Le Colorado se prépare à cette révolution depuis un an, quand 55 % de la population a voté oui lors d’un référendum sur la question.

La consommation pour usage médical y est permise depuis l’an 2000.

Contrairement à la fin de la prohibition de l’alcool, levée en 1933 et qui s’appliquait à l’ensemble des États-Unis, le Colorado fait cavalier seul pour l’instant avec le cannabis. L’État sert de laboratoire et tous attendent de voir si le résultat deviendra l’étalon ou se révélera une catastrophe.

«Ça va marcher, notre communauté est tissée serrée même entre compétiteurs. C’est une des industries en plus forte croissance aux États-Unis. On a tout à perdre. On veut travailler avec le gouvernement, pas contre», conclut Keyvan Khalatbari.


Kayvan Khalatbari estime que les plus grandes plantations de Denver rapporteront entre 25 et 50 millions de dollars en 2014. Le prix d’une once de cannabis pourrait se vendre entre 500 et 800  $.

Pour l’instant, Denver Relief déclare un chiffre d’affaires de 2 M$ par année. Pour la vente au détail, la compagnie élargira dans les prochains mois la surface de production de son hangar à 39 000 pi2.

 

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