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Religion

Les églises inventent de nouvelles façons de se financer

GEN-EGLISE-BOISBRIAND
photo agence qmi, martin alarie Il faudrait 1 M$ pour remettre en état l’église Notre-Dame-de-Fatima à Boisbriand, incendiée au printemps. L’édifice religieux risque d’être transformé en résidence pour personnes âgées, a confié Mélanie Turgeon, réceptionniste à la paroisse (à droite), ici aux côtés de la coordinatrice Anne Ouellet.

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De nombreuses paroisses au Québec rivalisent d’ingéniosité pour recueillir de l’argent indispensable à leur survie.

De nombreuses paroisses au Québec rivalisent d’ingéniosité pour recueillir de l’argent indispensable à leur survie.

Depuis plusieurs années, les églises doivent sans cesse faire preuve de créativité pour remplir leurs caisses et subvenir à leurs besoins.

La religion n’a plus vraiment la cote, surtout auprès de la jeune génération québécoise. «On est toujours sur la corde raide», admet sans détour Mélanie Turgeon, réceptionniste à la paroisse de Boisbriand.

Comme les fidèles ne se bousculent plus aux messes dominicales, les églises voient du même coup leurs ressources financières s’épuiser. Les dons sont plus rares et les sommes plus modestes.

«Aujourd’hui, les gens répondent d’abord à leurs besoins primaires en nourriture et en vêtements. S’ils ne se sentent pas interpellés par la religion, ils ne vont pas s’investir», constate Mme Turgeon.

Loterie à l’église

Pour amasser de l’argent, la paroisse de Boisbriand a alors décidé d’organiser des loteries au sein de ses deux églises. Chaque année, elle offre la possibilité à ses 250 fidèles de gagner de 200 $ à 1000 $ au terme d’une série de tirages.

«C’est aussi un moyen pour eux de soutenir leur communauté», poursuit la réceptionniste, précisant que la paroisse respecte scrupuleusement les règles de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.

Lanterne allumée

Hier, le Journal rapportait qu’au moins trois églises du Bas-Saint-Laurent vendaient des billets moitié-moitié sans avoir de permis. Sur le site de la Régie, les paroisses sont cependant nombreuses - comme Boisbriand - à détenir leur licence de bingo, nécessaire pour organiser des loteries en toute légalité.

Cette initiative permet à la paroisse de Boisbriand de récolter environ 40 000 $ chaque année, en plus de 100 000 $ en dons annuels.

La quête permet également d’arrondir un peu la somme. Et plus inhabituel: pour 10 $ par semaine, les fidèles peuvent aussi allumer une lanterne rouge devant l’église, symbole de la présence de Jésus.

Voyage à gagner

Toujours sur la Rive-Nord, la paroisse de Saint-Eustache met, quant à elle, un voyage en jeu chaque année.

Un comité de financement a d’ailleurs été mis sur pied pour récolter des fonds. «Ils organisent des concerts», avance à titre d’exemple Sylvie Beaudouin, l’adjointe administrative de la paroisse.

Mgr Jean-Paul Laferrière, vicaire général du diocèse de Joliette dans Lanaudière, encourage d’ailleurs ce genre d’initiative.

«Il est de plus en plus difficile de récolter de l’argent avec les moyens réguliers. Les églises peuvent alors accueillir des spectacles, des concerts ou se transformer en salle de réception», estime-t-il.

Malgré la diminution du nombre de fidèles, pas question pour lui de baisser les bras. «Ce qui est important, ce n’est pas de maintenir une bâtisse, mais de garder une communauté qui s’entraide», résume-t-il.

 

La religion catholique en chiffres
1700
églises environ, un chiffre en baisse depuis une vingtaine d’années en raison de la fusion de plusieurs paroisses, de la démolition ou de la vente de certaines églises.
20
diocèses au Québec
82 %
des Québécois se disent catholiques
5 à 7 %
des catholiques se disent pratiquants
Source : Assemblée des évêques catholiques du Québec
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