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Belœil | Cols bleus

Des cols bleus payés à ne rien faire

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YannCanno.com La Ville de Belœil a embauché Pierre Lafrance, consultant en entreprise, afin d’enquêter sur des allégations de perte de temps chez les cols bleus.

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L’atmosphère au garage municipal de Belœil est toxique, selon plusieurs cols bleus qui désirent garder l’anonymat. Les employés du garage décrient la gestion du service des travaux publics et jettent le blâme sur le nouveau directeur et certains contremaîtres, qu’ils accusent d’incompétence.

Plusieurs cols bleus ont accepté de répondre à nos questions dans l’espoir que les choses changent. «C’est vraiment le bordel à la Ville [les cols bleus font] des promenades en camion, les patrons ne sont pas capables de trouver de l’ouvrage à leurs employés, ou ils redonnent le même ouvrage à une autre équipe et là on passe pour des niaiseux auprès des citoyens. Ça, c’est régulier, régulier», explique un employé du garage municipal.

Une à deux fois par semaine, quelques cols bleus se font dire, lors de la répartition du travail, en début de journée: «déguise-toi en courant d’air». C’est devenu monnaie courante au garage municipal, nous ont affirmé plusieurs sources. «J’ai été longtemps à rouler, à dépenser de l’essence et j’étais payé», relate une autre source. Régulièrement, certains cols bleus, ayant terminé les tâches qui leur avaient été attribuées pour la journée, passent le reste de l’après-midi à faire le ménage de leur camion.

Ils sont 28 cols bleus permanents à travailler pour la Ville de Belœil, ils gagnent en moyenne un peu plus de 58 000 $ annuellement. L’enveloppe destinée aux travaux publics est l’une des plus imposantes dans le budget d’une municipalité. À Belœil, pour l’année 2013, elle se chiffre à un peu plus de huit millions de dollars.

Ne pas faire l’autruche

La Ville de Belœil a embauché Pierre Lafrance, consultant en entreprise, afin d’enquêter sur des allégations de perte de temps chez les cols bleus. Une ancienne employée, qui avait été remerciée, a fait parvenir à la Ville en novembre dernier une lettre énumérant les tares du garage municipal. La Ville a alors décidé d’aller au fond des choses, explique la mairesse, Diane Lavoie. «Je ne suis pas du style autruche», ajoute cette dernière.

Les cols bleus perdent-ils leur temps? «Moi, je ne peux pas dire que c’est le cas. C’est sûr que nous avons eu une information dans ce sens-là avant les Fêtes», explique la mairesse. Les conclusions du rapport de la firme embauchée par la Ville sont attendues à la fin janvier et la mairesse entend apporter les correctifs nécessaires si les allégations s’avèrent véridiques.

Questionnée sur le mécontentement qui semble répandu chez les cols bleus vis-à-vis leurs supérieurs et le nouveau directeur, la mairesse a soutenu ne pas être au courant.

De A à Z

Les employés rencontrés par le Journal rejettent la faute sur les contremaîtres. On les accuse d’occuper des postes pour lesquels ils n’auraient pas les qualifications nécessaires. «C’est bien plus les employés qui menaient le chantier que le contremaître. Il ne savait pas où il s’en allait», affirme un col bleu.

Le président du syndicat des employés municipaux, Marc Hallé, reconnaît qu’«il y a des problématiques», mais affirme que le service tente de les régler. Il concède aussi qu’il y a de la grogne au sein des cols bleus vis-à-vis leurs supérieurs. Sans parler d’incompétence, il parle d’incompréhension de la part des employés envers la nouvelle gestion directe.

Depuis deux ans, un nouveau directeur est entré en fonction et 13 employés ont pris leur retraite. Ces derniers ont dû être remplacés. Des ajustements sont nécessaires avec de tels changements, argumente M. Hallé. Quant aux allégations de perte de temps, M. Hallé «réfute tout ce qui a été dit de A à Z». Questionné avec plus d'insistance, il ajoute, «moi je ne l’ai jamais vu. Mais ça ne veut pas dire que ça n’a pas eu lieu».

 

Que croyez-vous que la Ville de Belœil devrait faire?

 

 

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