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La mauvaise cible

On blâme Lise Payette parce qu'une infirmière a refusé de lui donner des soins ? Comprenne qui pourra...

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Je vous parlais, l’autre jour, de cette entrevue que Lise Payette a accordée à Benoît Dutrizac à l’émission Les Francs-Tireurs.

Je vous parlais, l’autre jour, de cette entrevue que Lise Payette a accordée à Benoît Dutrizac à l’émission Les Francs-Tireurs.

L’ex-ministre a dit que lors d’un séjour à l’Institut gériatrique de Montréal, elle a demandé à une infirmière voilée de lui laver les «parties intimes», mais la dame a refusé, car sa religion lui interdisait de toucher ses organes génitaux.

Avant-hier, Guy Fournier est revenu sur cette entrevue dans sa chronique et a traité madame Payette de démagogue.

QUI A MAL AGI ?

Vous avez bien lu: au lieu de s’en prendre à l’infirmière qui a refusé de laver une patiente pour des raisons religieuses, Guy Fournier a attaqué la patiente en question pour avoir raconté cette anecdote à la télé!

Je rêve ou quoi?

Qui est fautif, dans ce dossier? La patiente qui voulait recevoir des soins, ou l’infirmière qui a refusé de lui en prodiguer?

C’est comme Lise Ravary qui s’en est prise à la personne qui avait photographié des éducatrices en garderie voilées de la tête au pied, au lieu de critiquer la tenue de ces femmes!

Coudonc, sommes-nous en train de perdre la tête?

Vous allez à l’hôpital, vous demandez poliment qu’on vous lave, on refuse votre demande pour des raisons absurdes, et c’est VOUS le problème?

C’est le monde à l’envers.

FAITES-LE VOUS-MÊME !

Guy Fournier dit que madame Payette connaissait ses droits et qu’elle n’avait qu’à parler à la supérieure de cette infirmière pour régler la situation. Pas besoin d’en faire un plat.

Là n’est pas la question. La question est que l’infirmière a refusé la demande de madame Payette. Et ce n’était probablement pas la première fois que cette «professionnelle de la santé» faisait passer ses croyances personnelles avant le bien-être de ses patients.

Tenez, Dutrizac a reçu un courriel d’une téléspectatrice après la diffusion de cette entrevue.

«Mon ami a été opéré pour une hernie inguinale (dans les intestins) à l’hôpital Jean-Talon. Alors que l'anesthésie se résorbait, la douleur grandissait. Il a demandé un antidouleur. Le chirurgien avait prescrit un suppositoire.

«L'infirmière (voilée) a apporté le médicament, mais a refusé de le lui administrer! Elle n’a même pas voulu inspecter son pansement sous prétexte qu’elle ne pouvait poser les yeux sur cette partie de son anatomie!

«Étant infirmière de formation, j’ai pu m'en occuper… Mais qu'en est-il pour les autres patients?»

Madame, j’ai des nouvelles pour vous: votre ami est un démagogue! Il n’avait qu’à parler à la patronne de son infirmière.

C’est LUI le problème, pas elle!

MÉCHANT PROF

Les Guy Fournier de ce monde me font penser à ce qui s’est passé à l’Université York, à Toronto.

Un étudiant a refusé d’effectuer un travail de groupe avec des femmes, sous prétexte que sa religion lui interdisait d’être en contact avec des représentantes du sexe féminin.

Le professeur a refusé de l’accommoder en disant qu’ici, au Canada, les femmes et les hommes travaillent ensemble.

Or, l’Université a rappelé le prof à l’ordre, en disant qu’il n’avait pas respecté la religion du pauvre étudiant!

C’était LUI, le problème! Pas l’étudiant!

Le monde à l’envers, je vous dis.

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