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Hôpital du Suroît

Urgence à l’Hôpital du Suroît: «une bombe à retardement sur le point d’exploser»

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SALABERRY-DE-VALLEYFIELD – Les infirmières de l’Hôpital du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield, ont lancé un cri d’alarme, mardi, face à l’engorgement perpétuel que connaît l’urgence de l’établissement depuis de nombreuses semaines.

Le taux d’occupation dépasse 300% depuis une semaine, une situation récurrente qui fait dire à la vice-présidente du Syndicat, Ariane Benoit, que l’urgence est «une bombe à retardement sur le point d’exploser».

Mardi matin, ce sont 65 patients qui s’y trouvaient, alors que l’urgence possède un permis de 22 civières.

Cette affluence entraîne une surcharge de travail chez le personnel infirmier qui se manifeste notamment au chapitre des heures supplémentaires.

Selon la présidente du Syndicat, Francine Savoie, on retrouvait durant le temps des Fêtes cinq infirmières par jour en heures supplémentaires à l’urgence, quatre depuis le début de janvier. «Seulement depuis le début de janvier, 420 heures [supplémentaires] ont été effectuées, ce qui représente 56 quarts de travail.»

Les porte-parole syndicaux font état de l’épuisement professionnel de leurs membres, mais aussi de la tension qui prévaut lorsque des décisions doivent être prises sur les soins à prodiguer ou non, afin de libérer des places.

«Nos infirmières ont honte de pratiquer dans des conditions pareilles. C’est inhumain tant pour le personnel que pour la population», soutient Ariane Benoit.

Le porte-parole de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Daniel Gilbert, a ciblé l’Agence de la santé de la Montérégie, rappelant qu’un ancien sous-ministre, Roger Paquet, s’était vu confier le mandat d’examiner la situation, mais que cela n’a donné aucun résultat.

«La direction générale semble avoir perdu le contrôle de la situation», dit-il, en pointant les budgets qui ne seraient pas au rendez-vous, pour une région où la population est vieillissante et défavorisée.

La direction pointe le manque de lits en soins d’hébergement de longue durée pour expliquer la source du problème de l’urgence. Ces patients doivent occuper des lits de l’hôpital.

Cependant, Francine Savoie rappelle qu’à chaque fois où des lits ont été débloqués en 2012 et 2013, la situation est redevenue la même après quelques jours. C’est selon elle «un “plaster” sur un bobo».

Les porte-parole syndicaux ont exigé que l’Agence de la santé et le ministère de la Santé se penchent rapidement sur ce dossier afin de trouver des solutions permanentes.

Pour le directeur général du CSSS du Suroît, François Therrien, l’engorgement de l’urgence demeure une préoccupation constante. «Les solutions sont complexes et nos équipes sont mises à contribution afin de trouver des pistes potentielles. La situation démontre que notre centre est en implosion, on manque de lits de courte durée, de places à l’urgence et on doit revoir la prise en charge médicale.»

M. Therrien affirme que le ministère et l’Agence de la santé sont au fait des problèmes et que l’annonce de nouvelles ressources pourrait être confirmée au cours des prochaines semaines.

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