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Les opinions s’entrechoquent

Porter la croix, la kippa ou le voile au boulot n’est pas un droit fondamental, plaide Réjean Parent

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Deux visions opposées de la laïcité se sont affrontées au Jour 1 de la commission parlementaire sur le projet de charte des valeurs.

Ouvrant le bal des audiences publiques sur le projet de loi 60, l’ex-leader syndical Réjean Parent a soutenu que les fonctionnaires qui refuseront de retirer leurs signes religieux malgré l’interdiction décrétée par la charte des valeurs méritent d’être congédiés.

«À partir du moment où on pose des exigences, je dis que les employés de l’État devront se soumettre à ces exigences-là avec les conséquences qui peuvent s’ensuivre [...] et s’ils ne veulent pas suivre les règles, bien jusqu’à un certain point, c’est eux autres qui se congédient ou qui s’excluent», a déclaré M. Parent.

Porter la croix, la kippa, le turban ou le voile au boulot n’est pas un droit fondamental, a-t-il plaidé devant les députés.

Vision différente

Une vision que ne partage pas Samira Laouni, présidente et fondatrice du COR (Organisme pour la communication, l’ouverture et le rapprochement interculturel). Portant le foulard, l’ancienne candidate néo-démocrate est catégorique: confrontée à un choix entre son travail et son voile, elle choisira sa foi.

Néanmoins, en signe «d’ouverture» au dialogue, Mme Laouni accepte d’envisager qu’on interdise le port de signes religieux ostentatoires chez les juges, les policiers et les gardiens de prison. «Il faut trouver un moyen mitoyen pour sortir de cette crise et arrêter ce débat acrimonieux», insiste-t-elle.

« Rien de religieux »

Professeur à l’École polytechnique de Montréal, René Tinawi estime au contraire que le foulard islamique n’a rien de religieux.

Ce sont les Frères musulmans qui ont instrumentalisé le foulard pour en faire un vecteur d’action politique, croit-il fermement. Pour illustrer son propos, M. Tinawi a remis aux députés des photographies des finissants du Département d’anglais de la faculté des arts de l’Université du Caire. Les cohortes des années 1959 et 1978 ne comptent aucune femme voilée. En 2004, toutes les finissantes portent le foulard.

En raison de son quota d’immigration francophone, le Québec accueille une importante proportion de nouveaux arrivants provenant du Magreb. «Or, si on a des Latinos qui sont ouverts à apprendre le français en deux ou trois ans et s’intégrer, je préférerais ça à des immigrants qui, à cause de la barrière religieuse, ne vont jamais s’intégrer», a-t-il indiqué.

 

— Avec la collaboration de Louis Gagné, Agence QMI

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