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Intoxication alimentaire

Le proprio du restaurant bouleversé

Il a donné une dizaine d’entrevues aux médias hier pour tenter de freiner l’hémorragie

Jason Masso
Photo Stéphan Dussault Jason Masso, propriétaire du restaurant Marché 27, à Montréal. Hier, plusieurs clients y mangeaient quand même un tartare.

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En décembre dernier, sept clients intoxiqués par la bactérie E. coli ont mangé un tartare dans son resto quelques jours plustôt. L'une d'elle est toujours dans un état précaire aux soins intensifs, selon ce qu'a publié le Journal hier.

Le propriétaire du Marché 27 a appris avec effroi hier que sept clients avaient été malades à cause des tartares servis dans son restaurant.

«Je ne savais pas qu’il y avait eu autant de cas d’intoxications dans mon restaurant. C’est très dur d’apprendre ça», dit Jason Masso, du restaurant Marché 27 situé rue Prince-Arthur, à Montréal.

En décembre dernier, sept clients intoxiqués par la bactérie E. coli ont mangé un tartare dans son resto. L’un d’eux, Véronique Roger, est toujours dans un état précaire aux soins intensifs après qu’on eut craint pour sa vie.

Selon M. Masso, les inspecteurs en salubrité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) ont passé son resto au peigne fin à la mi-décembre après avoir eu connaissance du problème. Ils ont simplement mentionné qu’un client avait été victime d’E. coli après avoir mangé chez lui.

«Ils ne m’ont pas dit le nombre de cas. Vous me l’apprenez.»

LA FAUTE À PERSONNE...

À qui la faute pour cette intoxication en série? Jason Masso se pose la question.

«Le MAPAQ a prélevé plusieurs échantillons et a vérifié toutes nos pratiques. Ils m’ont dit que tout était conforme.»

Selon les informations obtenues par le Journal, le service des inspections a visité le restaurant à trois reprises, soit le 19 et le 21 décembre, puis le 8 janvier.

Jason Masso veut quand même comprendre ce qu’il s’est passé. C’est pourquoi il mène sa propre enquête entre deux gestions de crise. Car quelques heures après la publication du reportage dans le Journal, hier, il a donné une dizaine d’entrevues à la télé, à la radio et dans d’autres quotidiens.

Mais Jason Masso risque de ne jamais connaître le fin mot de l’histoire. Car l’autre coupable potentiel, soit son fournisseur de bœuf et de veau, a aussi été blanchi.

Dans un communiqué publié hier après-midi, l’entreprise en question, Viandes Décarie, assure que des enquêtes de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et du MAPAQ l’exemptent de tout soupçon.

«Il a été conclu, à la lumière des analyses menées à ce stade-ci, que l’entreprise n’a aucune implication dans les cas décrits et n’est par conséquent pas mise en cause», écrit-elle.

Comment sept personnes peuvent-elles avoir été intoxiquées sans que ce soit la faute de qui que ce soit? Il faut pointer les trop longs délais entre l’intoxication et l’enquête.

«Les premiers symptômes peuvent prendre 10 jours à apparaître. Ajoutez à cela le délai avant de se rendre chez le médecin, puis à l’hôpital, puis de prélever un échantillon, de l’envoyer au MAPAQ, et nous intervenons parfois trois semaines après le repas», dit Danielle Ramsay, coordonnatrice aux toxi-infections alimentaires au MAPAQ. Alors il ne reste plus de viande incriminante et tout a été nettoyé depuis bien longtemps.

UNE SITUATION TRÈS RARE

Petit baume: les intoxications à E. coli sont rares, soit une centaine par an au Québec. Et la viande crue est encore plus rarement impliquée.

«Je travaille au MAPAQ depuis 1998 et c’est la première fois que je vois un cas d’E. coli dans le tartare», assure Mme Ramsay.

Dans la presque totalité des cas, il s’agit plutôt de viande hachée mal cuite. C’est pourquoi l’intoxication à E. coli est aussi appelée «maladie du hamburger».

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