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Montréal veut freiner l’agrile du frêne et planter 300 000 arbres

Réal Ménard
Photo Ewan Sauves / Agence QMI Réal Ménard.

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Faire passer la canopée de 20 à 25 % d’ici 2025, planter 300 000 arbres sur 10 ans et combattre l’agrile du frêne sur tous les territoires de l’île de Montréal : voilà les grands enjeux de verdissement auxquels s’attaquera l’administration Coderre.

Le responsable du développement durable et de l’environnement au comité exécutif, Réal Ménard, a fait part, vendredi, des enjeux liés à la foresterie urbaine.

D’ici 2025, la Ville de Montréal souhaite améliorer les infrastructures vertes en faisant passer la canopée de 20 à 25 %. Les arrondissements devront également procéder à la plantation de 300 000 arbres sur 10 ans.

Il s’agit d’un plan ambitieux, a reconnu Réal Ménard. «C’est un constat qui doit faire partie certainement d’un test de réalité, a-t-il déclaré. Mais l’important, pour moi, c’est de s’assurer qu’il y ait un rythme.»

Dans son plan d’action canopée de 2013, la Ville de Montréal a planté un peu plus de 6000 arbres. Un budget de 2,5 millions $ a été consacré à ces efforts au cours des deux dernières années, a indiqué M. Ménard.

Il n’est pas question de ralentir la cadence des plantations dans les années à venir. Le responsable du développement durable et de l’environnement s’est engagé d’ailleurs à entamer des discussions avec les maires des neuf arrondissements qui n’ont pas participé au plan d’action canopée l’année dernière.

Les arrondissements en question sont Ahuntsic-Cartierville, Lachine, LaSalle, L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, Montréal-Nord, Outremont, Pierrefonds-Roxboro, Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et Verdun.

L’agrile du frêne, une «véritable menace»

Réal Ménard a également fait le point sur l’agrile du frêne, cette «véritable menace» pour la forêt urbaine. Le phénomène est «préoccupant» et la progression «inquiétante», a-t-il soutenu, puisqu’en 2013, sept nouveaux arrondissements se sont ajoutés aux cinq déjà touchés par l’infestation.

Les derniers chiffres officiels de la Ville de Montréal, datant du 10 janvier dernier, montrent clairement que le nombre de frênes dépistés positifs à l’agrile du frêne a explosé depuis 2011, principalement à Ahuntsic-Cartierville, Rosemont-La Petite-Patrie et Saint-Laurent.

Un total de 86 nouveaux frênes problématiques ont été répertoriés en 2013, ce qui porte à 148 le nombre total d’arbres infestés sur le territoire montréalais depuis 2011.

«On comprend bien que la seule façon de combattre efficacement l’infestation, c’est le dépistage, a indiqué Réal Ménard. Il n’y a pas de prédateur qui va s’occuper de l’insecte, alors une intervention doit être faite.»

Pour freiner la menace, M. Ménard a annoncé la tenue d’un Sommet sur l’agrile du frêne le 10 mars prochain, au Planétarium Rio Tintin Alcan. Les 19 maires d’arrondissements et les 15 maires des villes liées ont été invités à l’événement.

Le responsable de l’environnement plaidera pour une action concertée. Réal Ménard pointe toutefois du doigt les villes liées, qui n’ont pas encore pris d’engagement concret contre l’agrile du frêne.

«Ce qui me préoccupe en ce moment, c’est que l’ensemble des villes liées échappe à la stratégie montréalaise de l’agrile du frêne, a-t-il déploré. Tout l’ouest de Montréal a échappé à l’intervention au moment où on se parle et ça ne peut pas continuer comme ça. L’insecte ne connaît pas de frontière, ça va de soi.»

Projet Montréal déposera une motion au prochain conseil municipal exigeant la création d’un fonds d’urgence de 10 millions $ pour contrer le plus rapidement possible les effets de l’agrile du frêne sur les arbres.

Sylvain Ouellet, responsable de l’opposition officielle sur les enjeux des grands parcs et des espaces verts, n’a pas été impressionné par les mesures annoncées par Réal Ménard et demande à l’administration Coderre de verser les sommes nécessaires au plus vite.

«Une stratégie équilibrée entre la sauvegarde des frênes existants et la plantation de nouveaux arbres, jumelée à un fonds dédié, est essentielle afin d’éviter la diminution de la canopée montréalaise et de minimiser les impacts économiques et sociaux causés par l’infestation de l’agrile du frêne», a commenté Sylvain Ouellet.

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