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Accablé de dettes

Bixi roule vers la faillite

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Photo d’archives
La Société de vélo en libre-service qui gère BIXI est incapable de payer ses dettes qui s’élèvent à près de 50 M$.

Le maire Denis Coderre ferme le robinet et refuse d’engloutir davantage de fonds publics pour garder à flot BIXI. Criblé de dettes, l’organisme qui en assure la gestion s’est placé hier sous la protection de la Loi sur la faillite.

«Bien honnêtement, je pense que la Ville de Montréal a déjà fait sa large part pour supporter la Société de vélo en libre-service (SVLS)», a fait valoir le maire en conférence de presse hier.

La SVLS croule sous des dettes qui frôlent les 50 M$, dont la plus grande partie vient des poches des Montréalais.

«S’il y a une chance de sauver BIXI, c’est par l’entremise de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Attendre davantage augmenterait les risques financiers pour la Ville et serait inacceptable», affirme M.Coderre, ajoutant que ce «n’est pas de gaité de cœur» qu’il avait entamé les démarches pour ce faire.

Saison 2014 assurée

C’est que les «échecs successifs» de BIXI ne lui laissent guère le choix, dit-il.

«Mon rôle, c’est d’être responsable, plaide le maire de Montréal. Je suis en position de protection des intérêts des contribuables.»

Il promet néanmoins que les BIXI rouleront dans les rues de la métropole cet été. Un point d’interrogation demeure toutefois en ce qui a trait aux saisons suivantes.

Les prochaines semaines seront employées à restructurer la SVLS et à sauver la saison 2014 du BIXI. L’avenir du projet qui fait rayonner Montréal demeure incertain.

«Il n’y a pas de raison pour que BIXI arrête», assure néanmoins le chef de l’Opposition officielle, Richard Bergeron.

Sous le giron de la STM ?

S’il appuie la décision de M.Coderre quant à la faillite de BIXI, M. Bergeron préconise que celui-ci soit géré par la Société de transport de Montréal (STM) à terme.

«La STM est prête à recevoir le service. Tout est prêt, le contrat entre la STM et la Ville est prêt. Il ne reste plus qu’à mettre la signature», indique l’élu.

L’idée de placer BIXI sous le giron de la STM avait été évoquée en campagne électorale par M. Coderre lui-même qui a refusé de s’avancer sur le sujet hier.

Les démarches effectuées hier par la Ville lui donnent toutefois le droit de prendre le contrôle des actifs de la SVLS si elle le désire.

La Ville espère toutefois que la SVLS se départira d’abord de son volet international, une tentative de vente qui a déjà échoué deux fois.

Chose certaine, «là, on a embarqué dans des activités commerciales (le volet international) où on n’aurait pas dû embarquer à mon avis», a laissé tomber le maire (voir autre texte).

La SVLS croit qu’en entamant des démarches vers la faillite, elle attirera les acheteurs qui flaireront la bonne affaire.

Ses administrateurs ont de plus promis hier qu’ils rendraient publics aussitôt que possible les états financiers 2012 de la SVLS qui se font toujours attendre.

Rappelons que le Vérificateur général de la Ville de Montréal sonnait l’alarme dès 2010 quant à la gestion déficiente de BIXI, ainsi que l’«inertie de la Ville» dans cette affaire.

«Force nous est de constater que plusieurs règles élémentaires du domaine de la gestion ont été négligées ou escamotées», écrivait-il dans son rapport.

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