/news/health
Navigation
armée | Santé mentale

Le suivi des soldats remis en question après un suicide présumé

Simulation du 430 escadron valcartier pour l Afganistan

rue com
photo d’archives

Coup d'oeil sur cet article

Le suicide présumé d’un ancien pilote d’hélicoptère de Valcartier soulève la question du suivi psychologique apporté aux anciens combattants dans les forces armées.

Le suicide présumé d’un ancien pilote d’hélicoptère de Valcartier soulève la question du suivi psychologique apporté aux anciens combattants dans les forces armées.

Le lieutenant-colonel Stéphane Beauchemin a été retrouvé mort à son domicile la semaine dernière dans la petite ville de Limoges, au sud-est d’Ottawa. La police provinciale de l’Ontario estime qu’il ne s’agit pas d’un acte criminel.

Si l’enquête de la police conclut au suicide, le lieutenant-colonel Beauchemin sera le huitième soldat à s’être donné la mort en un peu plus de deux mois.

De juillet 2011 à octobre 2012, le lieutenant-colonel Beauchemin a été commandant d'unité du 430e Escadron Tactique Hélicoptères à Valcartier, au Québec.

Depuis un an, il suivait un programme de retour au travail dans les Forces canadiennes en tant que patient.

«Ce programme aide les militaires qui ne peuvent plus travailler dans leur domaine et qui souffrent de problèmes mentaux ou physiques à se réadapter au travail», explique­­ Marie-Hélène Brisson, porte-parole­­ de la Défense nationale.

Le pilote d’hélicoptère avait aussi participé aux missions des Forces armées canadiennes en Haïti, en 1997, et en Bosnie-Herzégovine en 1999, peu après le génocide de Srebrenica.

Il avait reçu la Décoration canadienne, décernée aux officiers en reconnaissance de 12 années de service, et la Médaille canadienne du maintien de la paix.

Yannick Beauchemin, le cousin du défunt, a assuré à Radio-Canada qu’il s’agissait d’un suicide. Mais la Défense nationale n’a pas confirmé la cause du décès.

« Désastre »

«La mort du lieutenant-colonel Beauchemin me choque profondément, c’est déconcertant, a réagi Michael Blais, directeur du groupe de défense des anciens combattants, la Canadian Veterans Advocacy. Si nous ne recrutons pas plus de psychologues et de personnel soignant, on court au désastre.»

Il reconnaît aussi que les militaires peuvent avoir peur de demander de l’aide.

«Les soldats ont peur de s’ouvrir au système, c’est cette crainte-là qui les retient, renchérit pour sa part le brigadier-général à la retraite Christian Barabé, coordonnateur de l’association Wounded Warriors. Il faut avoir davantage de soutien de ses pairs et être plus efficace qu’on ne l’est maintenant.»

Mulcair presse Harper

À Ottawa, le NPD lève lui aussi le drapeau rouge. Dans une déclaration écrite émise hier, le chef du parti, Thomas Mulcair, interpelle le premier ministre Stephen Harper et l’exhorte «à reconnaître l’existence de cette crise de décès par suicides et d’adopter immédiatement des mesures pour y mettre fin».

La députée de Portneuf−Jacques-Cartier, Élaine Michaud, rappelle pour sa part la pénurie de ressources en santé mentale de l’ordre de 15 % à 20 % que signalait l’ombudsman de la Défense nationale dans son dernier rapport.

La mort du lieutenant-colonel Beauchemin survient au moment même où des familles critiquent les autorités militaires. La semaine dernière, Sheila Fynes, la mère du soldat canadien Stuart Langridge, qui s’est suicidé il y a six ans, a reproché à l’armée de réagir à la vague de suicides en blâmant les soldats.

En 2012, 13 soldats se sont donné la mort contre 22 en 2011, selon les Forces canadiennes.

– Avec la collaboration de Dominique La Haye, Agence QMI

 

Commentaires