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Actes de violence

Présence policière accrue dans le Village gai

Métro village gai
Photo Ewan Sauves / Agence QMI

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Le Village gai de Montréal a été placé sous haute surveillance jusqu’à nouvel ordre, a indiqué lundi le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des actes violents forçant l’intervention des policiers surviendraient de plus en plus souvent à la sortie des bars.

Le quartier gai, centré sur la rue Sainte-Catherine entre les stations de métro Berri-UQAM, Beaudry et Papineau, serait en effet le lieu de nombreux conflits, selon le SPVM qui assure prendre la situation en main.

Des patrouilleurs supplémentaires – en voiture, à pied et à vélo – seront envoyés sur le terrain pour surveiller les trouble-fête.

«On sait qu’il y a des évènements de toutes sortes dans le secteur et que ça a commencé récemment, indique l’agent Raphael Bergeron, porte-parole du SPVM. Il y a eu des vols, des bagarres... C’est dû au fort achalandage dans les établissements licenciés.»

Un «service d’ordre» a été mis en place, a ajouté M. Bergeron, sans toutefois dévoiler le nombre d’agents affectés au Village pour des raisons stratégiques.

«On va surveiller les gens qui sont en boisson et qui cherchent la chicane, souligne le porte-parole. Généralement, en voyant des policiers, ils se calment.»

Actes homophobes?

Selon le SPVM, il ne s’agirait pas d’actes homophobes. Toutefois, ce n’est pas ce que pensent certains commerçants du quartier gai.

Jean-Daniel Belec, employé à la réception du Sauna Oasis, croit fermement que les homosexuels du Village sont personnellement visés. «Il y a quelques années, je marchais tranquillement et parce que je reste dans le coin, des hommes m’ont sauté dessus», se remémore-t-il.

Ces derniers temps, M. Belec voit des policiers à presque toutes les intersections et c’est mieux ainsi, dit-il.

Même son de cloche pour Jacques, gérant de la boulangerie Autour d’un pain de la rue Sainte-Catherine. «Ce ne sont pas des bagarres, mais des attaques homophobes, point final, déplore-t-il. Une de mes amies s’est fait attaquer il y a deux semaines par quatre gars, sur la rue ici.»

Le Cabaret Mado, l'un des endroits les plus prisés du Village, est à l’abri des ces incidents, se réjouit le directeur général Steve Poitras. Ce dernier mentionne que les places les plus dangereuses sont le Sky et l’Olympia de Montréal.

«Je crois que le quartier est sécuritaire, oui, mais c’est sûr que je ne me promènerais pas tout seul à 4 h du matin, a-t-il commenté. Je sais qu’il y a eu un évènement près du métro Papineau le week-end passé, c’est toujours très tard.»

La sécurité sur cette portion de la rue Sainte-Catherine a toujours été un enjeu, tient à rappeler Jasmin Roy, instigateur d'une fondation à son nom contre l'intimidation et l’homophobie. Cependant, le vrai problème est la présence des vendeurs de drogue, soutient-il.

«On accepte de laisser passer bien des choses dans le village, parce que c’est le village, lance Jasmin Roy. Pendant l’été, quand on ferme la rue Sainte-Catherine aux voitures, on laisse entrer les vendeurs de drogue et les itinérants, on ne fait pas le ménage. Comment ça se fait que dans le Village gai, on tolère ça plus qu’ailleurs?»

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