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Révéler son homosexualité ne rend pas plus heureux

homosexualité
photo courtoisie Olivier Roy, Sociologue

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Sortir du placard ne rend pas les immigrants homosexuels plus heureux au Québec, selon une étude.

Sortir du placard ne rend pas les immigrants homosexuels plus heureux au Québec, selon une étude.

Des travaux de sociologie menés à l’Université de Montréal montrent que les immigrants gais ou bisexuels voient le coming out comme un acte contraignant et parfois risqué.

«Sortir du placard ne va pas à tout le monde», explique le sociologue Olivier Roy, auteur d’une thèse sur le sujet.

L’expérience de Martin, qui souhaite garder son anonymat, illustre bien cette situation. Originaire d’Afrique centrale, l’homme de 35 ans qui est arrivé au Québec il y a 9 ans pour faire ses études de génie révèle rarement qu’il est homosexuel.

«J’ai perdu quelques amis quand je l’ai dit, je trouve qu’il y a beaucoup à perdre indépendamment d’où on en est rendu dans la société, poursuit-il. Je ne vois pas l’intérêt de le dire, ce n’est pas ce qui m’identifie le plus. Un placard, c’est confortable et c’est sécuritaire», raconte-t-il.

Pour ses travaux de recherche, M. Roy a rencontré 30 hommes gais ou bisexuels âgés de 20 à 50 ans, originaires d'Amérique latine, des Caraïbes, du Moyen-Orient, d'Asie et d'Afrique.

Une vingtaine des immigrants interrogés n’a pas dit son homosexualité ou n’envisage pas de le dire, selon le sociologue. Ils ne cachent pas leur homosexualité, mais ne l’affichent pas non plus. «Je n’en ai jamais parlé à ma famille, mais si on me pose la question, je dis la vérité», reconnaît Martin.

Tabous

La sexualité se vit et se dit de façon différente quand on est d’origine chinoise, africaine ou occidentale, précise le chercheur. Les immigrants gais sont confrontés aux tabous sur la sexualité de leur pays d’origine et de leur pays d’arrivée.

«Quand tu es immigrant, ton pays d’origine te suit, alors tu fréquentes tes semblables et ils ne sont pas tous tolérants envers les homosexuels», explique Martin.

En Afrique centrale, ce n’est pas bien vu d’être célibataire et le mariage sert encore de façade pour les homosexuels, selon Martin.

«Pour certains, cela pose un dilemme entre leur appartenance à une communauté et la possibilité de vivre son homosexualité au grand jour, commente Marie Houzeau, directrice du Gris Montréal. Dans ce cas-là, ils choisissent de privilégier la famille et de vivre leur orientation culturelle comme dans une cave.»

 

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