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Maskimo: un an après

«En 32 ans de service, je n’avais jamais rien vu de tel» - Denis Larose

Maskimo recherches
Archives «Juste se rendre, c'était très complexe»

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Pour souligner le premier anniversaire de l'affaissement de terrain à la carrière Maskimo à L'Épiphanie, L'Écho de Repentigny a rencontré certains des intervenants au coeur de l'opération de recherche et de sauvetage.

En 32 ans de services, le directeur du Service des incendies de Repentigny, Denis Larose, n’avait jamais eu à faire face à un événement aussi complexe et difficile que celui de la tragédie survenue dans la carrière Maskimo le 29 janvier 2013.

«Au début, nous avons cru à un appel de routine; une désincarcération pour un accident, se souvient Denis Larose. Le choc, nous l’avons eu une fois rendus sur place.»

Un total de 15 pompiers sont alors envoyés sur place, dont l’équipe spécialisée en espace clos de Repentigny. Mais de l’aveu de Denis Larose, l’équipe était très jeune et leur équipement tout autant. «Leur formation était récente de même que nos équipements. Nous avons donc dû faire appel à nos confrères de Montréal qui avaient une plus grande expertise», mentionne-t-il.

Une fois sur place, les secours font déjà face à une première problématique. «Juste se rendre, c’était très complexe. Les personnes étaient à 250 pieds au fond de la carrière et il n’y avait aucun moyen de se rendre, raconte-t-il. Ce qu’on avait peur aussi, c’était que des pompiers soient blessés. La première journée, on calait jusqu’aux cuisses dans un sol glaiseux et argileux. On ne voulait pas devoir secourir d’autres personnes», soutient Denis Larose.

Des frustrations

En comparaison des feux qu’ils doivent combattre au quotidien, les pompiers n’avaient jamais eu à faire face à une opération de cette envergure. «En 32 ans de services, je n’avais jamais rien vu de tel. C’était complexe parce que nous n’étions pas capable d’aller chercher les gens», avoue Denis Larose.

Les 36 premières heures sont donc très frustrantes pour les secours de même que pour les familles. «Les premières journées, on ne voulait pas voir la CSST là, parce qu’on voulait trouver les gens (...). Nos pompiers voulaient tellement aller en bas, mais à chaque étape, il fallait expliquer ce que nous nous apprêtions à faire auprès d’un ingénieur de sol, d’un technicien de sol, d’un ingénieur en mouvement de sol, etc. Sinon, on ne travaillait pas», affirme Denis Larose.

Tout ce temps paraissait très long aux yeux des familles de Daniel Brisebois et Marie-Claude Laporte, manquant à l’appel. «Mais je les comprends. C’était frustrant pour nous aussi», commente Denis Larose.

Si c’était à refaire

Si un autre drame comme celui de Maskimo survenait, Denis Larose avoue que certaines décisions seraient davantage analysées. «Disons qu’il ne fallait pas retarder trop nos actions, parce que si tu attends, tu perds une journée. Alors, on aurait pu analyser davantage, car au final, nous aurions perdu moins de temps, mais dans le feu de l’action, c’est toujours difficile», soutient-il.

Mais le cas de l’effondrement de la carrière Maskimo est unique. «Nous faisions le tour des carrières au Québec, personne n’avait jamais vu ça», relève Denis Larose.

Rappelons que, pour les opérations de recherches, la facture du Service des incendies de Repentigny s’est élevée à 494 000 $, dont la moitié a servi à la location de deux grues. Ce montant a été remboursé en totalité par Québec.

 

 

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