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Azarbar, un homme d’affaires énigmatique

Il possède six entreprises mais vit chez ses parents

Arian Azarbar, Chef d’entreprise
Photo courtoisie

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Arian Azarbar, cet homme de Dollard-des-Ormeaux identifié par une source de la police comme un présumé agent de renseignement pour l’Iran, est un entrepreneur mystérieux dont la vie semble une série de contradictions.

Victime de menaces, incluant un incident où un pistolet a été tenu à sa tête en 2001, Azarbar devient lui-même mêlé à un crime violent en 2003, selon des documents recueillis par notre Bureau d’enquête.

Sirius Group Ven Inc., une des sociétés de M. Azarbar, a brassé un gros contrat pour un projet de construction de 10 000 logements sociaux au Venezuela, en 2011 et 2012. Ce projet était financé par le gouvernement de l’Iran, selon des documents et des photos que nous avons obtenus.

«10 000 logements en 33 mois. Heureux d’être de retour chez nous», a-t-il écrit sur sa page Facebook en mai 2013, exhibant plusieurs photos du projet durant sa construction.

VISA NON PAYÉ

Toutefois, durant cette même période, M. Azarbar et une autre de ses sociétés (Novathermo Lab Canada) ont eu de la peine à payer un solde de 5 400 $ sur une carte de crédit Visa Laurentienne à Montréal. Ils se retrouvent aujourd’hui poursuivis devant les tribunaux pour cette dette, qui inclut un voyage à Londres en 2011.

Pourtant, durant cette période, M. Azarbar était un microbiologiste qui déclarait gagner 200 000 $ par année en travaillant pour une compagnie pharmaceutique, qui s’appelle C-Crest (aujourd’hui appelée Europharm), selon des documents bancaires qu’il a signés en 2011.

SIX COMPAGNIES

L’homme d’affaires possède aussi des intérêts dans six compagnies provinciales, fédérales et étrangères qui ont été incorporées au Québec et en Angleterre, pour lesquelles il est président, trésorier et/ou administrateur.

Trois de ces sociétés, Sirius Group Ven Inc., Novathermo Lab Canada Inc., et Stigmatek Nutripharm, ont chacune des activités ou des associées au Venezuela, selon des documents corporatifs et leurs sites Web.

M. Azarbar est président de Sirius Group Ven Inc. Deux autres associés co-fondateurs, Raman Wais et Henhold John Henhold Wais, aussi de Dollard-des-Ormeaux, ont depuis quitté Sirius.

Stigmatek Nutripharm dit offrir des services dans le domaine pharmaceutique. M. Azarbar est son président. Les autres associés sont Zohreh Eslami, une pathologiste au Centre hospitalier de l’université McGill, et Luis Eduardo Starchevich Blanco, un homme d’affaires et ancien fonctionnaire à Caracas, au Venezuela.

1000 DE LA COMMUNE

Aujourd’hui, M. Azarbar, un passionné de motocyclette, demeure avec ses parents dans une maison de Dollard-des-Ormeaux. Il est aussi père d’un enfant.

Toutefois, il n’y a pas longtemps, il louait un condominium dans le complexe notoire du 1000 de la Commune dans le Vieux-Montréal, montrent des documents.

On se souviendra que ce complexe est devenu depuis quelques années un lieu célèbre pour sa fréquentation par des gens au passé criminel, avec au moins 20 propriétaires ou résidents liés à la mafia ou des gangs de rue.

VICTIME QUI DEVIENT AGRESSEUR

Azarbar a eu des démêlés importants avec la justice, il y a 10 ans.

Victime de menaces, il devient un témoin contre le chef d’un gang arabe dans le West Island, qui lui a mis un pistolet à la tête en 2001 pour lui faire payer de l’argent de protection. Le chef de gang a fait six ans de prison.

Deux ans plus tard, Azarbar, lui-même, a été accusé de cinq infractions reliées à sa participation à une agression violente sur un homme d’affaires en 2003, selon des documents judiciaires.

Azarbar, qui avait alors 22 ans, a plaidé coupable à deux chefs d’accusation: un pour extorsion et un pour voie de fait causant les lésions corporelles. Il a reçu 1000 $ d’amende et une sentence suspendue de quatre mois de prison.

M. Azarbar et deux autres hommes tentaient de collecter une dette. Un des attaquants qui accompagnait Azarbar (pas M. Azarbar lui-même) a battu la victime avec un bâton de baseball et un tournevis. Selon des documents de cour, l’associé de M. Azarbar aurait dit à la victime: «Tu vois ce qui arrive quand tu joues avec nous et que tu niaises avec les mauvaises personnes?»

À la suite de la publication de l'article «Azarbar, un homme d'affaires énigmatique» le 30 janvier dernier, nous avons été contactés par une représentante de la compagnie Europharm qui dément que M. Azarbar ait déjà travaillé pour cette compagnie. Cette information a subséquemment été confirmée par le principal intéressé, malgré le fait qu'il ait fait une déclaration écrite à la Banque Laurentienne en ce sens à l'époque où il avait fait une demande de carte de crédit.

— Avec la collaboration de Félix Séguin

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