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Dépendants de la péréquation

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Le débat sur l’économie des derniers jours se veut d’un réalisme déconcertant comme 2 et 2 font 4.

Le débat sur l’économie des derniers jours se veut d’un réalisme déconcertant comme 2 et 2 font 4.

Pour le ministre Stéphane Bédard, il faut se méfier des économistes. «Vous savez, les économistes, sur les prévisions à long terme, ça dit peu de choses sur ce qui va arriver, mais beaucoup sur la personne qui le dit», et il a malheureusement raison. En passant, M. Parizeau est un économiste et M. Landry, un diplômé en économie et finance.

Le ministre Denis Lebel, lui, nous dit que le Québec recevra une somme record de péréquation de 9,3 milliards $ et il a malheureusement raison. Car malgré toutes les analyses et les interprétations, il n’existe qu’une seule réalité économique, celle du total à la fin de la journée, du mois ou de l’année.

PREUVE A ÉTÉ FAITE

C’est tellement vrai que lors de mon passage au caucus du Bloc québécois, nous avons senti le besoin d’avoir l’heure juste. Nous voulions savoir, à même les données accessibles au gouvernement du Canada, combien d’argent envoient les Québécois annuellement à Ottawa (impôts des particuliers, impôts des corporations, TPS, taxes d’accise et autres) et combien d’argent revient annuellement au Québec (transferts en éducation, en santé, péréquation et autres).

Ce rapport a été préparé en 2010-2011 par Daniel Paillé, alors porte-parole aux finances pour le Bloc. Je ne vous donnerai pas les détails, ça lui appartient. Mais je vous ferai part de la question que je lui ai posée lors de sa présentation ainsi que de sa réponse: si je comprends bien, de tout l’argent que les Québécois envoient à Ottawa tous les ans, le gouvernement fédéral nous en retourne environ 1,5 milliard $ de plus. Sa réponse a été OUI, mais en proportion du PIB, c’est moins qu’en 1995, lors de l’année du dernier référendum.

DUR POUR L’ORGUEIL

Encore une fois, la dure réalité du 2 et 2 font 4 nous rattrape. Le Québec reçoit annuellement plus d’argent d’Ottawa qu’il ne lui en donne. Je laisse aux politiciens, aux économistes et aux sociologues le soin d’analyser les raisons, trouver les solutions, donner les explications et se confondre en excuses.

Mais pour moi, il existe une dure réalité qui fait mal à mon orgueil de Québécois. En attendant que notre économie se redresse, nous avons besoin de la péréquation d’Ottawa, garantie par la Constitution, et le gouvernement de Steven Harper ne doit pas modifier sa formule sans le consentement des provinces.

 

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