/misc
Navigation
Focus | Sotchi 2014

Les Jeux de la démesure

Olympiques Sotchi
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Les Jeux olympiques (JO) de Sotchi, qui débuteront le 7 février, seront les Jeux les plus onéreux jamais tenus dans l’histoire des prestigieuses compétitions internationales d’été et d’hiver. L’enveloppe budgétaire globale devrait dépasser 50 milliards de dollars canadiens.

Le record de quelque 42 milliards  détenu par la Chine avec les JO d’été de Pékin, en 2008, sera pulvérisé par la Russie, qui a quintuplé son budget initial. Considérant que moins de deux milliards ont été dépensés pour les derniers JO d’hiver présenté à Vancouver, comment expliquer la facture de 50 milliards de l’édition 2014?

Le coût exorbitant de ces Jeux se justifie en partie par les travaux pharaoniques effectués pour adapter la modeste ville en bordure de la mer Noire à la tenue des différentes compétitions.

HONNEUR ET FIERTÉ

Par contre, le montant titanesque investi par la Russie est aussi une façon pour le pays hôte de redorer son image sur la scène internationale, croit André Richelieu, professeur spécialisé en marketing du sport à la faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

«Ce sont des Jeux absolument hallucinants en termes d’investissements, mais je dirais que la Russie a les moyens de ses ambitions puisque c’est un pays qui est très riche en ressources naturelles, souligne-t-il. La Russie profite d’une situation qui est à son avantage pour épater la galerie pendant ces 17 jours de compétition et se construire une image de superpuissance qu’elle avait perdue après le démantèlement de l’URSS.» Depuis les Jeux de Moscou en 1980 boycottés par le Canada, les États-Unis et une cinquantaine de pays à la suite de l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique, la Russie n’a jamais plus été au premier plan. Le président Vladimir Poutine a donc voulu créer «le plus grand événement de l’histoire postsoviétiques» avec les Jeux de Sotchi.

«C’est une question d’honneur et de fierté de faire de ces Jeux un succès commercial, économique, sportif et politique, assure M. Richelieu. C’est la lecture que je fais de l’extravagance liée aux 50 milliards qui seront dépensés.»

En plus des installations sportives et du village olympiques, un aéroport, deux gares, 200 km de voies ferrées, 400 km de réseaux routiers, 77 ponts et 12 tunnels ont entre autres été construits dans l’agglomération de Sotchi comptant 445 000 habitants.

CRITIQUER LA DÉMESURE

«Je ne dis pas que la Russie a raison de dépenser autant d’argent et que tout ce qui s’y passe, c’est très bien, mais je pense qu’on se sert beaucoup de la démesure des Jeux de Sotchi pour critiquer davantage la Russie», déplore le professeur Richelieu.

À son avis, les stigmates laissés sur la Russie par la guerre froide expliqueraient la mauvaise presse qui sévit toujours sur le pays soviétique.

«Il y a encore beaucoup de préjugés et de stéréotypes au sujet de ce pays, note-t-il. C’est un peu bas de se défouler sur la Russie alors que tous les pays qui organisent ces grands événements sportifs s’en servent à des fins promotionnelles, politiques, économiques, etc.» .


LES JEUX OLYMPIQUES DE SOTCHI EN CHIFFRES

►22e JO d'hiver (Présentés du 7 au 23 février 2014)

►50G$ d’enveloppe budgétaire

►90 nations représentées

►7 pays font leurs débuts aux JO d’hiver : la Dominique, la République de Malte, le Paraguay, le Timor-oriental, le Togo, les Tonga et le Zimbabwe.

►6000 athlètes

►98 épreuves pour 15 disciplines dans sept sports olympiques

►6 nouvelles disciplines inaugurées le saut à skis féminin, le relais mixte en biathlon, le half-pipe en ski (hommes et femmes), l’épreuve par équipes de patinage artistique et le relais en luge

►13000 journalistes accrédités

►3 millards de téléspectateurs

Commentaires