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20 heures d'attente moyenne sur civière dans les urgences de Montréal, 4 heures de plus que la cible de l'Agence

L’objectif d’un délai moyen de 16 heures ne sera pas atteint cette année dans la métropole

Urgence de Montréal / 5 janvier 2011
Photo agence qmi, jOël Lemay L’attente moyenne sur civière dans les urgences de Montréal était de 19,6 heures en 2013, loin de l’objectif de 16 heures de l’Agence.

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L’attente moyenne sur civière dans les urgences de Montréal stagne à près de 20 heures, soit quatre heures de plus que la cible de 16 heures.

L’attente moyenne sur civière dans les urgences de Montréal stagne à près de 20 heures, soit quatre heures de plus que la cible de 16 heures.

«C’est pénible, et pas seulement pour la clientèle, mais pour les employés aussi, commente le Dr Bernard Mathieu, président de l’Association des médecins d’urgence du Québec. Les gens font leur boulot le mieux possible dans les circonstances.»

Aucun objectif atteint

Bien que l’année ne soit pas terminée, il est évident que l’Agence de la Santé et des Services sociaux de Montréal (ASSSM) n’atteindra pas sa cible de 16 heures en moyenne sur une civière.

D’ailleurs, la situation paraît encore pire lorsqu’on compare l’objectif de Montréal à celui de l’Association canadienne des médecins d’urgence, où l’on vise un maximum de 8 heures sur une civière.

Entre avril et décembre 2013, les patients montréalais ont attendu en moyenne 19,6 heures sur une civière avant d’être transférés dans un lit. Depuis 2009, le délai stagne, entre 19,6 heures et 20,4 heures.

Du côté de l’Agence, on explique que le réseau a subi une hausse de 15 % d’achalandage depuis cinq ans.

«Réussir à prendre 2 % à 3 % de plus chaque année pendant cinq ans, c’est un exploit en soi. On ne voit pas ça ailleurs», indique Frédéric Abergel, directeur des affaires cliniques, médicales et universitaires à l’ASSSM.

Problème de capacité

Par ailleurs, 28,1 % des patients ont dû passer plus de 24 heures sur une civière, soit beaucoup plus que l’objectif de 20 % (voir tableaux).

La cible pour les séjours de 48 heures et plus n’est pas non plus en voie d’être atteinte. M. Abergel avoue que ces statistiques ne sont pas acceptables.

Manque de lits, budgets amputés, hausse du nombre de patients: le problème majeur est un manque de capacité du réseau, selon le Dr Mathieu.

«À un moment donné, il va falloir qu’on se pose la question: Qu’est-ce qu’on a les moyens de se payer?» demande-t-il.

Depuis quelques mois, un plan de surcapacité des urgences prévoit l’envoi de patients sur des étages lorsque c’est nécessaire. Pour le

Dr Mathieu, il s’agit d’un pas dans la bonne direction.

«Ce n’est pas normal que lorsque l’urgence déborde, l’hôpital n’en prenne pas charge. Le principal problème, c’est que les patients attendent des lits sur les étages», croit-il.

Les gens désabusés?

À l’Agence, on refuse de donner un échéancier pour atteindre la cible de 16 heures, mais on croit pouvoir y arriver. «On est optimistes, dit M. Abergel. Mais c’est un réseau complexe, ça prend du temps pour s’adapter. Pour nous, chaque point d’amélioration est important.»

De son côté, le Dr Mathieu s’inquiète que ces résultats deviennent la norme dans le réseau.

«Il y a un certain désabusement dans la population. Je suis inquiet qu’on baisse les bras et qu’on prenne ça pour un fait accompli, qu’il n’y a rien à faire.»

 

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