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Le Québec vu de la France : beaucoup plus que des clichés

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Les Québécois ont la couenne sensible quand il s’agit de leur image à l’étranger et tout particulièrement quand la critique ou les clichés viennent de la France.

Les Québécois ont la couenne sensible quand il s’agit de leur image à l’étranger et tout particulièrement quand la critique ou les clichés viennent de la France.

Nous sursautons devant les topos, dont celui de TF1 récemment, qui dépeignent le Québec comme le «pays des caribous», où «sans ses huskies, l’homme est ici perdu», ce qui a fait réagir, à juste titre, le ministre du Tourisme, Pascal Bérubé.

Puis, nous tombons en bas de notre chaise quand sur France inter, l’équivalent de la radio de Radio – Canada, des animateurs disent de nous que nous parlons «un mélange d’archaïsmes fleuris qui nous fait toujours bien marrer» et que l’«air salé des Laurentides» nettoie les sinus, ce qui a provoqué tout aussi justement une réplique bien sentie de Monique Giroux.

Les clichés ont la vie dure, c’est connu, mais au côté de ce Québec imaginé ou imaginaire vit dans l’esprit des Français un préjugé nettement favorable à notre égard. Une sympathie qui s’étend bien au-delà du secteur culturel ou de la seule Céline Dion.

Virage technologique

En général, les Français sont impressionnés par le virage technologique pris ces dernières années au Québec, grâce auquel Ubisoft, notamment, est venu s’implanter ici; une compagnie française qui ne cesse d’augmenter ses effectifs tant à Québec qu’à Montréal et qui y compte désormais plus de 3000 employés.

Ils ont une image vraiment positive de ce Québec de pointe qui, de Moment Factory à Pixmob, se taille une place jusqu’au Super Bowl. Ils participent de plus en plus nombreux à cette grand-messe du commerce et de la créativité qu’est devenue C2MTL, elle-même soutenue par deux fleurons admirés: l’agence Sid Lee et le Cirque du Soleil.

Cette Amérique, avant-gardiste et moderne, cette Amérique en français, ne séduit pas moins de 12 000 étudiants en provenance de France qu’on trouve tellement nombreux aux abords du métro Mont-Royal qu’ils inspirent à leur compatriote Fred Fresh une chanson satirique Y’a trop de Français sur le Plateau, un bijou à voir sur YouTube.

Les succès culturels québécois, eux, continuent d’être légion dans l’Hexagone. Fred Pellerin se bâtit un public de plus en plus nombreux. Gilbert Rozon et Garou sont bien installés en prime time à la télé française, alors qu’à Nantes, Robert Lepage s’apprête à présenter, en tant qu’artiste en résidence, une saison techno.

À Paris, le Musée des beaux-arts de Montréal triomphera bientôt au Grand Palais, avec l’exposition «La planète mode de Jean Paul Gaultier», une véritable collaboration franco-québécoise où se côtoient le moderne et le traditionnel et dans laquelle la signature de Denis Marleau a permis, entre autres, de séduire une dizaine de grandes villes dans le monde.

Le Québec branché

Récemment j’ai assisté, à l’Olympia, une salle mythique, située sur les Grands boulevards, à une nouvelle consécration de Pierre Lapointe; c’est le Québec décomplexé, le Québec branché qu’on célébrait aussi à travers la musique du prodige. Le Québec «top». Le Québec qui s’ouvre et s’offre généreusement à tous ces jeunes Français qui ont mal à leur pays déprimé et ô combien tourmenté.

 

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