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Police | Itinérant abattu

Vitres fracassées au marteau

Des caméras de surveillance ont capté la crise de colère d’Alain Magloire avant qu’il soit tué

Alain ­Magloire
Capture d’écran ctv Sur le site de CTV News, on peut visionner deux vidéos, prises de deux angles, montrant Alain ­Magloire en train de briser la vitrine de la réception, à l’auberge Montréal Centrale.

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Des images vidéos présentant le sans-abri abattu par la police quelques minutes avant le drame le montrent agressif et violent, brandissant son marteau et fracassant la vitre de la réception de l’auberge où il dormait.

Dans la vidéo obtenue par CTV News, on voit Alain Magloire s’approcher de la réception de l’auberge, située à l’angle des rues Saint-Hubert et de Maisonneuve. La vidéo ne comporte pas de piste de son. Mais on voit l’homme parler avec un employé, puis dégainer son marteau et, soudainement, fracasser la vitre devant lui, puis une autre, avant de sortir.

L’homme se serait montré agressif parce qu’on ne voulait pas lui rembourser son dépôt, puisqu’il avait déjà endommagé son dortoir.

Selon CTV, la vidéo aurait été enregistrée vers 10 h 40, lundi matin. Cela correspond avec l’appel qu’a reçu le Service de police de Montréal (SPVM), un peu avant 11 h, à propos d’un homme qui attaquait quelqu’un avec un marteau.

On connaît la suite: les policiers sont arrivés sur les lieux, Alain Magloire était dans la rue, le marteau encore dans les mains. Il aurait refusé de coopérer. Un des policiers, qui aurait craint pour la vie de sa collègue qui avait trébuché près de lui, aurait tiré à trois ou quatre reprises sur Magloire, qui a été atteint au thorax.

Aimant et souriant

Plusieurs amis de l’homme de 41 ans se sont confiés au Journal, hier. Tous décrivent un homme extrêmement brillant, empreint d’une grande humanité et toujours souriant. Selon eux, «le géant», qui mesurait

6 pieds 6 pouces, n’avait rien de violent. Le père de deux fillettes avait fait des études universitaires en biologie moléculaire et en biochimie. Il a travaillé notamment comme chercheur pour Procrea, une clinique de fertilité. Auparavant, il avait été moniteur pendant plusieurs années à la résidence et au camp Papillon, pour les enfants handicapés.

«Quand il entrait, les jeunes étaient tellement contents», se souvient Chantale Théroux, l’actuelle directrice de la résidence, qui travaillait comme monitrice avec Alain il y a une quinzaine d’années.

Alain Magloire aurait développé des problèmes de santé mentale, qui auraient été déclenchés par la consommation de drogue, selon ses amis. Il avait fait le choix, depuis plusieurs mois, de vivre dans la rue.

«Nos chemins se sont séparés dans les dernières années, raconte Véronique Marchand , qui a aussi travaillé au camp. Je sais qu’il avait commencé à consommer pas mal. Et le Alain qu’on connaissait, le soleil sur deux pattes, on ne le reconnaissait plus.»

Vidéo de la caméra de surveillance numéro 1

Vidéo de la caméra de surveillance numéro 2

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