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Itinérant abattu

« Ça nous jette à terre »

Ceux qui ont côtoyé l’itinérant tué par la police parlent d’un homme non violent

FD-HOMME ABATTU
Photo agence qmi, maxime deland Le policier Denis Côté, connu pour avoir abattu l’auteur de la fusillade de Dawson, était présent lundi pour tenter de secourir Alain Magloire.

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La mort d’Alain Magloire a causé beaucoup d’incompréhension parmi ceux qui le côtoyaient. L’homme de 41 ans abattu lundi par les policiers à Montréal était apparemment très éduqué et jovial.

La mort d’Alain Magloire a causé beaucoup d’incompréhension parmi ceux qui le côtoyaient. L’homme de 41 ans abattu lundi par les policiers à Montréal était apparemment très éduqué et jovial.

«Ce n’était pas du tout quelqu’un de violent, assure Bruno Daniel, qui fréquente aussi la Mission Old Brewery. Il était très jovial et gentil. Je l’ai vu il y a à peine deux semaines et il allait très bien.»

Alain Magloire a fréquenté l’organisme et son refuge cet automne. Il faisait partie d’un programme de réinsertion sociale. Selon sa conseillère, Hélène Langlois, il avait trouvé un appartement en décembre dernier, après deux semaines de démarches. Il continuait de fréquenter le café internet de la Mission Old Brewery.

Un homme éduqué

«Ça nous jette à terre, cet événement-là», dit Vincent Ozrout, chef d’équipe de la Mission Old Brewery. Selon lui, M. Magloire était très éduqué. «Il disait qu’il avait une maîtrise. Et ça se voyait, il pouvait soutenir des discussions. C’était quelqu’un qui semblait avoir des problèmes de santé mentale, mais nous n’avions pas de diagnostic en psychiatrie à son sujet.»

Sur sa page Facebook, Alain Magloire disait détenir des diplômes universitaires en biologie moléculaire et en biochimie.

Hélène Langlois, la conseillère qui s’est occupée de M. Magloire pendant les deux semaines où il a fréquenté le refuge, se souvient de lui comme quelqu’un qui n’était pas agressif.

«Je ne comprends pas. Je m’explique mal une tournure des événements aussi tragique. Comme tous les clients que nous recevons qui sont sans domicile fixe, il avait des fragilités. Mais de là à dire qu’il avait des problèmes de santé mentale… non.»

Alain Magloire n’a d’ailleurs jamais causé de problèmes à la Mission Old Brewery. Celui qui se faisait appeler «le menuisier» laissait son marteau à l’entrée du refuge.

«Il savait qu’il n’avait pas le droit de se promener avec ça dans le refuge. Il n’a jamais fait de crise avec ça, soutient M. Ozrout. Pour moi, ce n’était pas du tout quelqu’un qui représentait un danger pour la société», ajoute-t-il.

Mme Langlois décrit Alain Magloire comme un jeune homme très articulé, souriant et lucide. Il était très actif dans ses démarches, et s’est trouvé un logement assez rapidement. «Pour moi, c’était un départ organisé, ajoute-t-elle. Je ne sais pas ce qui a pu se passer pour qu’il se retrouve à la rue.»

Bonté et tendresse

Des amis n’ont pas tardé à rendre hommage au défunt hier, sur une page Facebook créée en sa mémoire. Tous parlaient d’un homme tendre qui leur avait beaucoup appris. «Oh Alain. C’est tellement de tendresse qui part avec toi; un corps immense, oui, mais tout de même trop étroit pour toute la bonté qui l’habitait. Toute ma pensée est avec toi», a écrit Mitia Rioux-Beaulne.

«Alain, on va s’ennuyer de tes gros câlins... Tu nous faisais craquer les os à chaque fois! Là où tu es, tu n’auras plus la peur au ventre... Bon repos», a pour sa part écrit Geneviève Roby.

 
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