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Plusieurs remèdes de cheval

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Notre ancien premier ministre, M. Jacques Parizeau, a donné un grand coup en affirmant que l’état de l’économie du Québec l’inquiète dramatiquement. Il reconnaît que la situation est si sombre qu’elle requiert un remède de cheval.

Notre ancien premier ministre, M. Jacques Parizeau, a donné un grand coup en affirmant que l’état de l’économie du Québec l’inquiète dramatiquement. Il reconnaît que la situation est si sombre qu’elle requiert un remède de cheval.

Son intervention met les projecteurs sur l’économie à un moment où le parti qu’il a déjà dirigé, le Parti québécois, s’apprête à lancer le Québec en élection en essayant d’éviter autant que possible les questions économiques. Depuis quelques mois, le Parti québécois est parvenu à marquer plusieurs points politiques grâce au dépôt de la charte des valeurs pendant que ses adversaires peinaient à susciter de l’intérêt pour la question de l’économie.

Série noire

Pourtant, durant ces mois, les mauvaises nouvelles économiques se sont multipliées. La situation de l’emploi s’est détériorée: pertes d’emploi à temps plein, création d’emploi anémique au Québec comparée au reste du Canada. Nous avons constaté le retour à des déficits gouvernementaux en hausse dus au ralentissement des entrées de fonds dans les coffres de l’État. Et l’Institut de la statistique nous a confirmé le glissement du Québec vers le peloton de queue du niveau de vie au Canada.

Cet accroissement des écarts de niveau de vie se retrouve d’ailleurs au cœur des craintes de M. Parizeau. On ne parle plus de petits points de pourcentage ou d’écarts symboliques: le niveau de vie des Américains surpasse le nôtre de 40 %! Le Québec ne suit tout simplement pas le rythme de ce continent. L’économiste Parizeau lie directement cet effondrement relatif du niveau de vie des Québécois à une baisse de la productivité. Simple: si un peuple produit de la richesse à un moindre rythme, il va finir moins riche.

M. Parizeau a raison de dire qu’il nous faut un remède de cheval: une solide politique industrielle. Mais se pourrait-il que le portrait d’ensemble du Québec exige en réalité plusieurs remèdes de cheval? La spirale de l’endettement: une dette publique toujours plus grosse qui génère des paiements d’intérêts très élevés qui handicapent encore plus le budget de chaque année. Il faudra aussi un remède de cheval pour casser cela.

Québec en crise

La spirale de la taxation: un gouvernement cassé qui est forcé de toujours hausser ses revenus de toutes sortes de façons. Ce faisant, on maintient des taux de taxes et d’impôt élevés qui découragent l’effort de travail des contribuables et découragent l’investissement par les entreprises. Le modèle québécois arrive au point de rupture en matière de taxation. On s’en sort comment? Sabrer les dépenses radicalement? Couper les subventions? Réduire la taille de l’État qui continue de grossir même si les élus disent faire l’inverse? Pour changer la donne, il faudra un autre remède de cheval.

Et la toute-puissance syndicale au Québec qui freine les réformes visant à accroître la productivité. Voilà qui pourrait requérir un autre remède de cheval.

Quelqu’un nous proposera-t-il ce genre de remèdes dans la campagne électorale imminente? Ou dira-t-on simplement au patient de prendre une pilule et de retourner dormir?

 

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