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Commission Charbonneau

Commission Charbonneau: Le DG de l'International suivra l'enquêteur Comeau à la barre

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CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI L'enquêteur Michel Comeau, à la barre de la commission Charbonneau.

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Après avoir rapporté de nombreux cas d'intimidation et de discrimination syndicale sur les chantiers de construction au Québec hier, l'enquêteur de la commission Michel Comeau sera contre-interrogé pendant deux à trois heures aujourd'hui par l'avocat de la FTQ-Construction, Me Robert Laurin.

Une série d’écoutes électroniques entendues à la commission Charbonneau a une nouvelle fois démontré que certains travailleurs avaient de grandes difficultés à se faire embaucher sur des chantiers à cause de leur allégeance syndicale.

La commission a fait jouer hier sept enregistrements captés entre 2006 et 2007 par l’ex-représentant syndical, Ken Pereira, dont une partie avait déjà été révélée par le Journal dès l’automne 2012.

À l’époque, Ken Pereira était responsable du local 1981 regroupant les mécaniciens industriels de la FTQ-C et peinait à décrocher du travail pour ses membres.

Il a alors enregistré plus de 80 heures de conversations téléphoniques entre des entrepreneurs et des travailleurs syndiqués de son local, afin de démontrer qu’il y avait bel et bien une discrimination à l’embauche selon l’affiliation syndicale.

Dans ces écoutes présentées en rafale hier matin et commentées par l’enquêteur Michel Comeau, la situation est sans appel: les donneurs d’ouvrage sont très frileux, voire complètement fermés, à l’idée d’embaucher des membres du local 1981 puisqu’ils font affaire avec les mécaniciens du 2182 de l’International, le syndicat rival.

« Pas le choix »

«Les seuls travailleurs que je peux embaucher sont ceux de l’Inter, je n’ai pas le choix», sous peine d’être pénalisé, lance ainsi l’un des entrepreneurs.

«On fait affaire avec le local 2182. On ne peut pas se permettre de passer à côté de ça, on a nos réguliers là-bas», explique un autre. «Il va y avoir des ententes de prises avec les locaux. On s’embarquera pas dans un piège, faut que ça soit ben clair. Si c’est un de la FTQ-C pour six de l’Inter ça sera ça», tranche un troisième donneur d’ouvrage.

Hydro-Québec réagit

Michel Comeau a été longuement contre-interrogé par les avocats de la FTQ-C et de l’International, qui ont tous deux mis en doute ses méthodes de travail pointant du doigt une enquête peu approfondie.

L’enquêteur de la commission a expliqué lundi que certains gros chantiers québécois avaient été le théâtre d’intimidation et d’extorsion syndicale, d’après 70 témoignages recueillis sur le terrain.

Il a répliqué que deux entrepreneurs viendraient témoigner prochainement à la barre pour corroborer ses dires.

Par ailleurs, Hydro-Québec a brièvement réagi dans un communiqué à propos des 12 grutiers qui auraient été payés à ne rien faire sur le chantier de la centrale de Péribonka.

Elle a simplement souligné qu’il était de la «responsabilité des entrepreneurs de prendre les mesures nécessaires pour maintenir la paix syndicale sur un chantier et d’en assumer les coûts dans le cadre de leur contrat.»


Le leader syndical de la FTQ-C sur la Côte-Nord, Bernard «Rambo» Gauthier, devrait témoigner devant la commission, a indiqué l’avocat de la FTQ-C.

 

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